Albi: Nouvelle expertise pour savoir s’il faut juger ou non la meurtrière présumée d’une institutrice

JUSTICE Une quatrième expertise psychiatrique vient d’être ordonnée par la justice pour déterminer si la mère de famille qui a tué une institutrice albigeoise en 2014 est pénalement responsable…

H.M. avec AFP
— 
Des enfants déposent des fleurs devant l'école Edouard-Herriot à Albi le 5 juillet 2014
Des enfants déposent des fleurs devant l'école Edouard-Herriot à Albi le 5 juillet 2014 — Remy Gabalda AFP

Elle a poignardé à mort une institutrice dans l’école de sa fille, devant une quinzaine d’élèves. La justice cherche encore à savoir s’il faut juger ou non cette mère de famille dont le geste fou a traumatisé la ville d’Albi et la France entière le 4 juillet 2014, dernier jour de l’année scolaire. La victime, Fabienne Terral-Calmès, avait 34 ans et enseignait à l’école maternelle Edouard-Herriot.

La meurtrière présumée avait été internée dès le jour du drame. Actuellement en détention provisoire, elle a déjà fait l’objet de trois expertises qui ont conclu que son état mental n’était pas conforme à son renvoi devant une cour d’assises.

Mais les avocats des proches de Fabienne Terral-Calmès souhaitent un procès. A leur demande, la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Toulouse a ordonné ce mercredi une quatrième expertise, confiée cette fois à des spécialistes bordelais qui se prononceront d’ici au 31 juillet 2017.

« Dysfonctionnements en chaîne »

« La défense de s’y oppose pas même si les trois premières ont été concordantes », réagit Alexandre Martin, l’avocat de la meurtrière présumée, interrogé par l’AFP. « Six experts ont déjà dit que son discernement était totalement aboli et qu’elle s’est trouvée dans un délire paranoïaque qui perdure : elle continue à dire qu’elle a voulu défendre sa fille », ajoute-t-il.

La partie civile veut de son côté pointer des « dysfonctionnements à la chaîne ». « Il y a une incohérence évidente : l’auteur avait déjà été internée avant les faits mais son hospitalisation d’office avait été levée en mars. Elle ne suivait pas les soins mais personne ne s’en est inquiété, souligne Emmanuel Gil, l’avocat de la famille. On ne peut pas nous dire qu’elle était complètement folle au moment de l’assassinat et, en même temps, que les médecins, deux mois plus tôt, n’ont rien relevé. »