Toulouse: Un identitaire à la barre pour avoir blessé grièvement un étudiant en 2012

JUSTICE L’ancien leader du bloc identitaire toulousain comparaissait jeudi devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour des actes de violence…

Beatrice Colin

— 

Le palais de justice de Toulouse.
Le palais de justice de Toulouse. — A. Gelebart - 20 Minutes
  • Trente mois de prison assortis d’une mise à l’épreuve d’une durée de deux ans ont été requis à l’encontre de Matthieu Clique, ancien leader des identitaires toulousains
  • La rixe au cours de laquelle Andres. P avait été grièvement blessé en 2012 avait opposé des militants d’extrême-gauche et extrême-droite
  • Le jugement a été mis en délibéré au 23 mai

En 2012, l’affaire avait fait grand bruit. Sur fond d’opposition régulière entre extrême gauche et extrême droite depuis l’installation à Toulouse d’un local du Bloc identitaire, une rixe avait dégénéré dans la nuit du 30 mars au 1er avril. Un étudiant chilien, frappé par un des protagonistes de la bagarre, avait été très sérieusement touché et en garde encore des séquelles aujourd’hui.

Soupçonné d’avoir été l’auteur du coup, l’ancien leader du mouvement identitaire toulousain, Matthieu Clique comparaissait ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Comme il l’a fait tout au long de la procédure, le militant, âgé aujourd’hui de 28 ans, a nié avoir frappé Andrés P. au niveau du thorax. Ce dernier, qui avait levé les mains en signe de neutralité, était alors tombé, sa tête cognant un trottoir. Lors de son hospitalisation, son pronostic vital était engagé. Depuis, il n’a pas complètement récupéré, il perçoit une allocation adulte handicapé et a dû mettre un terme à ses études d’anthropologie.

Témoignages et écoutes téléphoniques

Mais à la barre, il a peu été question de la victime. Une grande partie de l’audience a tourné autour la question : Matthieu Clique est-il l’auteur des faits ? Si aucune bande-vidéo ou preuve matérielle n’est venue étayer l’accusation, de nombreux témoignages ont par contre eux mis à mal la défense de l’identitaire. La première personne à avoir porté secours à la victime a clairement identifié Matthieu Clique et n’a jamais varié dans ses déclarations.

Ce qui est loin d’être le cas de ses amis. Plusieurs d’entre eux l’ont désigné lors de leur garde à vue avant de se rétracter devant le juge d’instruction. Et les écoutes téléphoniques montrent une volonté du leader du Bloc identitaire de contrôler les réponses de ses ouailles. « M. Clique est son meilleur accusateur et les amis de M. Clique sont ses pires accusateurs. Dans les écoutes téléphoniques il briefe tout le monde, quand on n’a rien à se reprocher, on ne briefe pas les gens », plaide Ludovic Rivière, l’avocat d’Andres P.

Délibéré le 23 mai

« Les faits sont simples, un coup a été porté par un individu reconnu par des témoins et un comportement qui conforte ces témoignages. M. Clique nous dit qu’il ne va donner l’identité de celui qui aurait peut-être porté le coup pour préserver son groupe. Ça me fait froid dans le dos », critique la représente du parquet qui a requis 30 mois de prison assortis d’une mise à l’épreuve d’une durée de deux ans.

« Erreur judiciaire ». Le mot est lâché du côté de la défense. « Depuis des mois il est présenté comme le dangereux identitaire qu’il faut faire taire. Et puis il y a ce dramatique faits divers, c’est celui qu’il faut faire tomber. Mais pour autant, avez-vous dans ce dossier assez d’éléments pour le faire condamner », avance Pierre-Marie Bonneau, le défenseur de Matthieu Clique.

Le jugement a été mis en délibéré au 23 mai.