Les Spacer's volley en finale du championnat de France? Voici pourquoi c'est un exploit

VOLLEY Tombeurs de Nice en demi-finale, les Spacer’s disputeront leur première finale de Ligue A, le 6 mai contre Chaumont ou Ajaccio…

Nicolas Stival

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Les Spacer's Toulouse après leur victoire en demi-finale retour de Ligue A de volley, le 25 avril 2017 à Nice.
Les Spacer's Toulouse après leur victoire en demi-finale retour de Ligue A de volley, le 25 avril 2017 à Nice. — P. Vieuille / Spacer's
  • Eliminés en quart de finale ces trois dernières saisons, les Spacer’s visent leur premier titre au plus haut niveau
  • Budget moyen de Ligue A, Toulouse n’était pas attendu à pareille fête
  • C’est l’occasion ou jamais de frapper un grand coup pour un groupe qui va « exploser » au terme de la saison

A l’entame de la saison, il était simplement question pour les Spacer’s de viser une quatrième qualification d’affilée pour les play-offs de Ligue A. Mardi soir à Nice, les coéquipiers de l’éternel capitaine Zago ont gagné leur place pour la première finale de championnat de France de leur histoire, le 6 mai à Paris, contre le vainqueur de l’autre demi-finale entre Chaumont et Ajaccio. Quel que soit le résultat, c’est déjà un exploit. Voici pourquoi.

Un parcours en phase régulière bien, mais pas top

« Quel que soit l’adversaire en finale, nous serons des outsiders », assure le président des Spacer’s Didier Conjeaud. Chaumont a terminé premier de la phase régulière, alors qu’Ajaccio a remporté les deux dernières Coupes de France et la Supercoupe 2016.

Avant cette saison, les Toulousains restaient quant à eux sur trois éliminations consécutives en quart de finale de Ligue A. « Et nous avons simplement fini sixième de la phase régulière », ajoute le dirigeant. Avec un effectif limité en quantité et handicapé par les blessures, les joueurs entraînés par Cédric Enard ont parfois peiné. Mais ils ont atteint leur pic de forme au meilleur moment.

Budget moyen, maxi résultats

Avec 1,280 million d’euros de budget, les Spacer’s occupent le ventre mou du classement financier de la Ligue A, dominé par Tours (2,8 millions). « Notre équipe présente un excellent rapport qualité-prix », savoure Didier Conjeaud.

Sous la houlette de Cédric Enard, titulaire d’un précieux carnet d’adresses, les Toulousains ont encore recruté malin, avec notamment l’impressionnant pointu belge Bram Van Den Dries (2,07 m), meilleur marqueur du championnat cette saison. Son association avec l’international français Antoine Brizard, arrivé de Paris à l’été 2015, fait de terribles dégâts dans les défenses adverses.

Une bête noire enfin vaincue

Jusqu’à cette saison, quiconque prononçait les mots « Tours » et « David Konecny » devant un volleyeur toulousain récoltait un regard d’effroi. Le TVB, cinq fois champion de France depuis 2010, et son mythique réceptionneur-attaquant tchèque ont souvent ruiné les espoirs des Haut-Garonnais, comme lors de leur seule finale de Coupe de France disputée (et perdue, donc), en 2013.

Mais en quart de finale, les Spacer’s ont enfin terrassé leur bête noire, battue à l’aller comme au retour (1-3, 3-2). Et Konecny a même récolté un carton rouge lors de ce dernier match… Pourtant, les Tourangeaux ne sont pas vraiment rentrés dans le rang :  ils viennent de remporter la Coupe de la CEV, l’équivalent de la Ligue Europa en football.

Une saison prochaine en point(s) d’interrogation

En bref, les Spacer’s vivent une saison exceptionnelle qu’ils voudront terminer en apothéose avant un plongeon dans l’inconnu. La finale du 6 mai sera le dernier match sous le maillot toulousain des cadres Van Den Dries, Brizard, Yacine Louati et Nicolas Rossard, mais aussi de Cédric Enard, à la tête de l’équipe depuis six ans. Son adjoint Stéphane Sapinart pourrait lui succéder.

« On a un club structuré, équilibré financièrement et que l’on continue à faire progresser », avance Didier Conjeaud. La participation à une Coupe d’Europe (Ligue des champions ou CEV) pourrait permettre d’attirer des joueurs de premier plan afin de succéder à ceux qui ont déjà marqué, quoi qu’il arrive, l’histoire du club.