Pour en savoir plus sur les artères des astronautes, Thomas Pesquet teste un nouvel échographe

SCIENCE Mardi, Thomas Pesquet a testé un nouvel échographe, piloté par des médecins et scientifiques depuis le site toulousain du CNES…

Beatrice Colin

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Au CADMOS, sur le site toulousain du CNES, le 18 avril, lors de l'expérimentation ECHO.
Au CADMOS, sur le site toulousain du CNES, le 18 avril, lors de l'expérimentation ECHO. — B. Colin / 20 Minutes

A 400 km en orbite autour de la Terre, le corps des astronautes est mis à rude épreuve. La mircropesanteur a en effet des conséquences sur la santé des occupants de la station spatiale internationale. Si au cours de leur séjour, aucun d’entre eux n’a jamais été victime d’une péritonite, leur physiologie subit des changements, notamment au niveau vasculaire et musculaire.

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Et tous ces changements sont scrutés de près. Pour faire ces auscultations longue distance, ils ont avec eux à bord un échographe de dernière génération : ECHO.

Pour la première fois ce mardi, Thomas Pesquet a testé ce tout nouvel équipement. C’est depuis le Centre d’aide au développement des activités en micropesanteur et des opérations spatiales (CADMOS) du CNES, à Toulouse, que les responsables scientifiques et techniques ont pu suivre cette expérience.

« Il y a toujours eu des échographes dans la station, mais jusqu’à présent ce sont les astronautes qui jouaient le rôle à la fois de sujet et de médecin et il devait s’entraîner pour savoir manipuler la sonde et maîtriser l’appareil. Ils étaient guidés à distance par un professionnel. Avec cet appareil, c’est le médecin qui prend la main à distance mais peut faire la même chose que si Thomas se trouvait à côté de lui », indique Didier Chaput, responsable de l’opération ECHO au CNES.

Testé sur le plancher des vaches

Pour envoyer dans l’espace cet échographe – que l’on retrouve dans certains cabinets d’obstétrique –, ses équipes ont planché avec des partenaires privés pour motoriser la sonde ou encore rendre ce boîtier résistant aux vibrations.

Durant toute l’expérience, l’astronaute français s’est « contenté » de suivre les instructions du professeur Philippe Arbeille, enseignant-chercheur à la faculté de médecine de Tours. Ce dernier a déjà testé ce dispositif à distance durant un an avec un médecin d’une petite commune d’Indre-et-Loire. Grâce à l’appareil ECHO installé chez le généraliste, il a pu confirmer des phlébites, des kystes ovariens et éviter au patient de se déplacer. Ce qui pourrait permettre de faire de la prévention et des diagnostics dans des zones isolées.

Une étude sur cinq ans

Derrière l’aspect technique, l’ambition est bien scientifique et médicale. Durant cinq ans, les successeurs de Thomas Pesquet dans l’ISS vont utiliser l’échographe dans le cadre de Vascular Echo. Objectif : étudier l’évolution de leur système cardio-vasculaire.

« La paroi artérielle souffre, dans l’espace elle vieillit de trente ans en six mois et s’épaissit, cela peut être un facteur limitant pour des voyages de longue durée et envoyer des hommes sur Mars, explique Philippe Arbeille. Nous pensons que cela est dû au stress généré par l’enfermement car nous l’avons aussi constaté lors d’expériences de confinement en sous-sol. On ne peut pas dire qu’il s’agisse donc uniquement de la microgravité. »