Prête-moi ta plume pour écrire un mot

H. M. - ©2008 20 minutes

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A l'heure des cartes de voeux électroniques, le bureau de Poste du Capitole joue le décalage. Jusqu'à vendredi*, il accueille l'étal de bois de Lucie B., écrivain public de son état, mais de cartes postales exclusivement. A sa connaissance, cette artiste habituée du marché Saint-Aubin est la seule au monde dans sa spécialité. Coiffée de son haut-de-forme, munie de ses flacons d'encre et de ses plumes d'oies, elle écrit au dos de ses propres photos noir et blanc (vendues 2 euros l'unité, timbre et envoi compris). L'usager donne l'adresse, la teneur générale du message et quelques indices sur le destinataire. Lucie B. se charge du texte, toujours différent, et du souffle poétique.

« Les gens font plus appel à moi par fantaisie que par manque d'inspiration », note-t-elle. Hier, Karine s'est laissée tenter en venant acheter des timbres. « J'ai flashé sur deux photos qui correspondent bien à deux de mes amis. J'aurais pu écrire moi-même, mais le principe m'a plu. » Derrière elle, un jeune grand-père a décidé après mûre réflexion de faire l'impasse sur les voeux et de s'offrir un lot original de faire-part pour la naissance de sa petite-fille.