Merci les filles! Grâce à vous, le Stade Toulousain va jouer une demi-finale cette saison

RUGBY Les filles du Stade Toulousain défient les Nordistes du LMRCV en demi-finale du Top 8. Dans l’ombre des garçons, la capitaine Marion Peyronnet et ses coéquipières creusent leur sillon…

Nicolas Stival

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Marion Peyronnet, la capitaine du Stade Toulousain Rugby féminin.
Marion Peyronnet, la capitaine du Stade Toulousain Rugby féminin. — Pamisire / STRF

Il y aura bien une équipe première du Stade Toulousain en phase finale de son championnat. Les garçons, douzièmes du Top 14, devraient sauf miracle passer leur tour pour la première fois depuis 41 ans. En revanche, les joueuses du STRF vont enchaîner une deuxième demi-finale en Top 8, pour leur deuxième saison seulement dans l’élite.

Battues par Montpellier en 2016, les quatrièmes de la phase régulière vont se frotter aux Nordistes du LMRCV, championnes de France en titre et meilleure équipe du moment, avec un match aller dimanche à Ernest-Wallon et le retour une semaine plus tard à Villeneuve-d’Ascq. « On n’a jamais battu les Lilloises, observe Marion Peyronnet, la capitaine stadiste. On sait qu’elles sont meilleures que nous mais on va essayer de s’appuyer sur une grosse défense et notre courage. »

Sa jumelle Morgane jouera l’autre demi-finale, à quelques kilomètres de là

Né à l’été 2014 sous la houlette de l’ex-international David Gérard, en remplacement de l’Avenir Fonsorbais, le STRF « n’est plus considéré comme la petite équipe qui monte », convient la troisième ligne aile de 24 ans. « Maintenant, on nous attend », complète la jumelle de Morgane, qui évolue cette saison à Montpellier. Celle-ci jouera tout près de sa sœur dimanche, puisque les Coccinelles héraultaises se déplacent à Blagnac pour y défier le Bsorf, dans l’autre demi-finale aller du Top 8. Un match joué à la même heure que celui du STRF, pour cause de duplex sur Eurosport 2.

S’il se structure peu à peu, le STRF reste à 100 % amateur, dans une discipline où les seules semi-professionnelles françaises sont les internationales de rugby à VII. Les joueuses sont étudiantes, ou travaillent, comme Marion Peyronnet, agent de planning dans une entreprise de matériaux de BTP 42 heures par semaine, en marge des trois entraînements collectifs et des deux séances de musculation hebdomadaires.

L’horaire du match retour pose problème

Cette pluriactivité ne va pas sans poser de problèmes. « On est encore en train de réfléchir sur la manière de s’organiser pour la demi-finale retour à Villeneuve-d’Ascq. Le match est le dimanche (23 avril) à 18 heures, mais le lendemain, il y a des filles qui bossent et d’autres qui doivent passer des concours, notamment le CAPES. C’est un gros dilemme. »

Bref, les préoccupations sont bien différentes de celles des garçons, avec lesquels les filles du Stade partagent avant tout les couleurs. « Nous avons notre propre président, notre propre budget et nos propres sponsors », reprend la capitaine, qui reste néanmoins une supportrice du club le plus titré de France et d’Europe.

« Voir une équipe qui a toujours été en haut se retrouver première non-relégable, ça ne le fait pas trop, lâche-t-elle. J’espère que les personnes dans les bureaux vont faire ce qu’il faut pour remettre de l’ordre, et que les garçons vont se remobiliser pour bien finir la saison. » Première réponse ce dimanche, puisque les joueurs d’Ugo Mola reçoivent le Racing 92 au Stadium, une heure avant le match des filles.

Quant à sa propre saison, Marion Peyronnet espère bien la terminer en fanfare le 29 avril à Bègles, cadre de la finale du Top 8. Pourquoi pas face au Montpellier de Morgane. « Ce serait bien pour toutes les deux », s’amuse la Toulousaine.