SPIRou, l'instrument qui va détecter de nouvelles planètes, cousines de la Terre

SCIENCES SPIRou, un instrument qui doit permettre de détecter de nouvelles exoplanètes similaires à la Terre, est en cours d’assemblage à Toulouse…

Béatrice Colin
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L'instrument SPIRou, en cours de test au sein de l'Institut de recherche en astrophysique et planétologie, à Toulouse.
L'instrument SPIRou, en cours de test au sein de l'Institut de recherche en astrophysique et planétologie, à Toulouse. — B. Colin / 20 Minutes

Spirou, ce n’est pas qu’un personnage de bande dessinée, toujours en vadrouille avec son pote Fantasio et le Marsupilami. C’est aussi un très sérieux projet de recherche qui est en train de voir le jour dans les laboratoires toulousains de l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP).

Un instrument du télescope installé à Hawaï

Même si le célèbre groom de BD a déjà quitté le plancher des vaches pour la stratosphère dans une de ses aventures, l’instrument qui porte le même nom permettra de voir bien au-delà de notre système solaire. Ce concentré de technologies de six tonnes, qui va coûter 10 millions d’euros, équipera d’ici à la fin de l’année 2017 le télescope TCFH qui se trouve à Hawaï, à 4.204 m d’altitude.

Il y a quinze jours, le SpectroPolarimètre InfraRouge - SPIRou - a passé un premier cap en réussissant le test de la première lumière réalisée artificiellement en laboratoire. Elle a permis de voir qu’il fallait légèrement bouger une pièce, pour avoir la bonne mise au point.

Cinq autres expériences du même type seront menées au cours des six prochains mois pour vérifier que tout est au point. Ensuite, l’instrument sera démonté, direction Hawaï où il prendra du service au cours de l’an prochain.

Observer la naissance des étoiles

Sa mission : « dénicher des systèmes planétaires voisins du système solaire et des planètes habitables », indique Jean-François Donati, directeur de recherche au CNRS et responsable scientifique SPIRou. Grâce à un système innovant, il va détecter toutes ces exoplanètes en orbite autour de près de 200 naines rouges et qui pourraient avoir des caractéristiques semblables à notre bonne vieille Terre, notamment la présence d’eau. Pour l’heure, une vingtaine répondrait à ces qualités.

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Mais ce n’est pas le seul but fixé à SPIRou, qui travaillera avec le satellite TESS de la NASA, instruments du télescope. « Il va aussi observer la naissance des étoiles et des planètes », poursuit Jean-François Donati.

Tout ça grâce à un spectrographe cryogénique qui doit être refroidi à -200°C et stabilisé pour être certain qu’il n’y ait pas de soubresaut, source de fausses informations qui créeraient des exoplanètes là où il n’y en a pas.

Pour être sûr de ne pas faire passer des vessies pour des lanternes, SPIRou sera épaulé en 2020 par son jumeau, appelé SPIP et qui équipera le télescope du Pic du Midi. Ce doublon permettra d’avoir en permanence un œil sur ces exoplanètes, histoire de ne pas louper la bonne lorsqu’elle se présentera.