Toulouse : Des étudiants ont planché sur le remplaçant de Philae

ESPACE Et si Philae avait eu des yeux ? Pour améliorer les futurs atterrissages sur des corps célestes, le CNES a fait phosphorer des élèves-ingénieurs en robotique…

Hélène Ménal

— 

Philae en approche avant son atterrissage sur la comète Tchouri.
Philae en approche avant son atterrissage sur la comète Tchouri. — © CNES/ESA/D.DUCROS/Rosetta/MPS for OSIRIS Team MPS/UPD/LAM/IAA/SSO/INTA/UPM/DAS

Si dans le futur un atterrisseur européen, lointain cousin de Philae, atterrit sur une autre comète ou sur un astéroïde, l’événement provoquera un pincement au cœur à toute une promo d’ingénieurs toulousains. Celle qui sera diplômée en juin de l'UPSSITECH, l’école d’ingénieurs de l' Université Paul-Sabatier.

>> A lire aussi : Toulouse: Quand Oz, le robot (magique) qui remplace les pesticides, retourne à la fac

Tous les ans, les professeurs propulsent les élèves de dernière année dans un Projet de grande envergure (PGE), un défi lancé par un industriel partenaire, sur lequel ils doivent plancher « en autonomie » cinq mois durant, histoire de se frotter à réalité du monde du travail.

Capable de choisir son point de chute

Cette année, c’est le CNES qui a choisi le casse-tête. Il leur a demandé de concevoir un « simulateur d’atterrissage sur petits corps célestes ». Bref d’améliorer une version de Philae, le robot « vedette » qui a défrayé la chronique en atterrissant le 12 novembre 2014, après 10 ans de voyage, sur la comète « Tchouri ». Il est descendu à l’aveugle, a rebondi à plusieurs reprises pour aller se coincer là où ses panneaux solaires se sont retrouvés à l’ombre.

>> A lire aussi : Un astéroïde d'un kilomètre de diamètre devrait «frôler» la Terre le 19 avril

Les 25 étudiants en « Systèmes robotiques et interactifs » (SRI) étaient chargés d’imaginer un système qui doterait un tel engin de la vision et du pouvoir de décision. Pour qu’en approchant du corps céleste, il étudie lui-même la topographie des lieux et décide seul de l’endroit idéal pour se poser.

« L’équipe devait faire une preuve de concept. Elle a programmé et utilisé un drone d’une part, et un bras robotisé industriel d’autre part », explique Frédéric Lerasle, le directeur du département SRI de l’UPSSITECH. Un des élèves de l’équipe va passer plusieurs mois au CNES pour assurer le « transfert » du concept. L’avenir dira si les jeunes ont visé juste.