La start-up toulousaine Micropep invente les herbicides bio

INNOVATION Forte de la découverte d'une molécule capable de contrôler le métabolisme des plantes, la société planche sur la mise au point de nouveaux bioherbicides...

Julie Rimbert

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Les salariés de la start-up Micropep développent des traitements personnalisés pour les plantes.
Les salariés de la start-up Micropep développent des traitements personnalisés pour les plantes. — Micropep

En finir avec les pesticides et les intrants chimiques pour aller vers une agriculture raisonnée et durable. C’est l’ambition de la start-up toulousaine Micropep Technologies qui développe une nouvelle génération de bioherbicides et de biostimulants respectueux de l’environnement.

Molécule spécifique à une fonction

Tout a commencé en 2012 quand Jean-Philippe Combier, l’un des trois fondateurs de la start-up, découvre dans le cadre de ses travaux de recherche au Laboratoire de recherche en sciences végétales (LRSV) des micropeptides naturels pour améliorer et contrôler le métabolisme des plantes. « Ces petites molécules ou protéines produites par les plantes peuvent moduler leur fonctionnement: leur germination,  leur résistance aux maladies ou encore leur floraison », explique Thomas Laurent, l’un des co-fondateur de Micropep Technologies.

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L’intérêt de cette technologie naturelle, non OGM, est qu’elle permet de développer des « traitements personnalisés » pour les plantes, chaque micropeptide étant spécifique à une fonction et à une espèce donnée. Elle constitue ainsi une réelle alternative aux pesticides chimiques.

Du labo aux champs

Forte de sa technologie, la start-up, soutenue par Toulouse Tech Transfer, qui a pour mission de créer de la valeur économique à partir des travaux issus des laboratoires publics régionaux, a déjà déposé sept brevets. Son objectif est maintenant de développer une plate-forme technologique à Toulouse pour identifier le plus grand nombre de ces molécules sur différentes espèces. « Pour l’instant, nous avons travaillé sur des plantes modèles de laboratoire mais nous allons ouvrir nos travaux à des plantes de grandes cultures comme le riz, le maïs ou le soja, et aux plantes cultivées sous serre comme la tomate », détaille Thomas Laurent.

Dans un deuxième temps, Micropep veut arriver à développer un produit utilisant les peptides à l’extérieur, hors du laboratoire. « Il n’est pas possible de les extraire des plantes, donc il faudra les produire biologiquement par une bactérie, souligne le chercheur de la start-up qui vient d’intégrer Toulouse White Biotechnology, un démonstrateur pré-industriel développant les projets R & D des filières biologiques. Nous espérons mettre ces produits sur le marché d’ici cinq ans ».

Pour mener à bien ses projets de développement, la start-up toulousaine, comptant aujourd’hui quatre salariés, lance une levée de fonds d’environ trois millions d’euros.