Aveyron: Non, n’importe quel couteau ne peut pas être estampillé «Laguiole»

JUSTICE La justice européenne a tranché. Elle vient d’annuler la marque «Laguiole» déposée par un entrepreneur parisien et entraînant une confusion avec les célèbres couteaux forgés en Aveyron…

H.M. avec AFP

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Fabrication d'un couteau Laguiole.
Fabrication d'un couteau Laguiole. — Guillermin - Sipa

Dans la bataille à couteaux tirés qui oppose la Forge de Laguiole, dans le village aveyronnais du même nom, berceau des célébrissimes couteaux, et un entrepreneur du Val-de-Marne, les provinciaux viennent de remporter une nouvelle manche.

La Cour de justice de l’Union européenne a annulé, définitivement, la marque « Laguiole » déposée par le chef d’entreprise Gilbert Szajner en 1993. Depuis, ce dernier accordait, contre redevance, des licences pour 38 produits différents, fabriqués en France ou à l’étranger : des couverts certes, mais aussi des jouets, vêtements ou briquet.

L’arrêt rendu mercredi l’autorise encore à estampiller « Laguiole » toutes sortes d’objets, mais concernant la coutellerie, l’aventure s’arrête là.​

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​Le village s’estime spolié de son nom

La rivalité, elle, continue. Car, en France, une deuxième procédure est en cours, intentée celle-là par le village de Laguiole (1.239 âmes) contre Gilbert Szajner. La commune s’estime « spoliée » de son nom. La Cour de cassation lui a donné raison fin 2016 en estimant qu’il y avait un risque « d’induire en erreur le consommateur moyen » en laissant croire que les produits de la marque Laguiole sont « originaires de ladite commune ».

L’entrepreneur a fait appel et la date du nouveau procès n’est pas encore connue.

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