TFC: Quatre questions qui se posent dans l’affaire Odsonne Edouard – Mathieu Cafaro

FOOTBALL Odsonne Edouard et Mathieu Cafaro, deux jeunes joueurs toulousains, sont empêtrés dans une affaire de tir au pistolet à billes sur un passant…

Nicolas Stival

— 

Mathieu Cafaro, le milieu offensif du TFC, lors d'un match de Coupe de la Ligue face à Auxerre, le 26 octobre 2016.
Mathieu Cafaro, le milieu offensif du TFC, lors d'un match de Coupe de la Ligue face à Auxerre, le 26 octobre 2016. — R. Gabalda / AFP

Elle n’a pas bouleversé la vie du club, mais le TFC aurait forcément préféré s’en passer. L’affaire Odsonne Edouard – Mathieu Cafaro implique deux jeunes joueurs présents dans la voiture du premier le 11 février dans le centre de Toulouse, lorsqu’un passant a été blessé à l’oreille par un tir de pistolet à bille. L’attaquant prêté par le PSG (19 ans) et le milieu offensif (20 ans) ne devraient plus jamais porter les couleurs toulousaines.

>> A lire aussi : Tir sur un passant: Le TFC renvoie Odsonne Edouard au PSG, un autre jeune joueur licencié

Qui a tiré ?

Pendant sa garde à vue, le 30 mars, Odsonne Edouard avait affirmé selon son avocat Pierre Le Bonjour « qu’il était le tireur et qu’il était seul dans la voiture. » Or, Mathieu Cafaro s’est ensuite « dénoncé en tant qu’auteur des faits dans un courrier aux dirigeants du club et au parquet de Toulouse », a affirmé à l’AFP le conseil du Parisien. Edouard, qui n’aurait pas voulu mettre en cause Cafaro devant les enquêteurs, avait été laissé en liberté sous contrôle judiciaire, dans l’attente d’une audience au tribunal correctionnel le 13 juin.

Le président Olivier Sadran a-t-il réagi trop vite ?

Lundi sur RMC Sport, le président du TFC Olivier Sadran a annoncé qu’Odsonne Edouard allait être renvoyé à Paris et qu’« un autre joueur », en l’occurrence Mathieu Cafaro, allait « être licencié ». Le PSG n’a pas caché sa surprise et affirmé dans la foulée qu’Edouard « était toujours lié » à Toulouse. Quid de Cafaro, qui avait signé son premier contrat professionnel de trois saisons avec le TFC en octobre 2016 ?

« Sur le plan de la procédure, il faut une huitaine de jours entre l’envoi de la convocation à un entretien préalable à un licenciement et l’annonce de la rupture », indique un avocat spécialiste du droit du travail, joint par 20 Minutes. Or Cafaro ne se serait dénoncé qu’après la mise en examen d’Edouard, qui a eu lieu quatre jours avant la déclaration de Sadran.

Si le licenciement n’est pas remis en cause, il pourrait donc y avoir un souci de procédure. « Dans ce cas, les prud’hommes peuvent condamner l’employeur à verser un mois de salaire au maximum à l’employé. » Soit dans le cas d’un néoprofessionnel comme Cafaro, une somme de quelques milliers d’euros. Rien du tout pour un club de Ligue 1.

Comment ont réagi les supporters ce mardi matin à l’entraînement ?

En raison des vacances scolaires, plus d’une centaine de gamins a assisté à la séance du TFC, ce mardi matin. Loin de l’affaire Cafaro-Edouard, le souci de ces jeunes était avant tout de recueillir des autographes et des selfies. Du côté des vieux habitués, les positions étaient tranchées et divergentes. « Qu’ils dégagent », s’est ainsi emporté l’un d’eux. Alors qu’un autre aurait aimé que le club « attende un peu » avant de trancher, en rappelant la différence de traitement par rapport à l’affaire Tongo Doumbia. Condamné pour des délits routiers, le milieu malien avait été défendu par l’avocat du TFC en août 2015, et conservé par le club.

Quel impact sur la fin de saison du TFC ?

Sur le plan sportif, on peut affirmer qu’il est nul. Edouard (17 apparitions, dont 16 en L1 cette saison, pour un but marqué) n’a plus joué avec les pros depuis le 14 janvier. Quant à Cafaro (cinq entrées en jeu, dont quatre en championnat), il n’a plus été utilisé par Pascal Dupraz depuis le 5 novembre… L’entraîneur du TFC, détendu mais qui n’a pas souhaité réagir à l’affaire ce mardi, ne comptait pas sur ces deux jeunes joueurs, par ailleurs du genre discret dans la vie de groupe. Ils ne manqueront donc pas dans le sprint final, soit sept matchs au cours desquels l’actuel dixième de L1 n’a plus grand-chose à craindre ni à espérer.