Plus d'ours dans les Pyrénées mais les dégâts restent stables

BIODIVERSITE La Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement vient de publier le bilan des dégâts liés à l'ours des Pyrénées...

Julie Rimbert

— 

Illustration d'un ours des Pyrénées.
Illustration d'un ours des Pyrénées. — Frilet/SIPA

Vingt ans après le début de leur réintroduction, les ours se plaisent dans les Pyrénées françaises et espagnoles puisque 39 individus ont été repérés en 2016 dans le massif, contre 32 en 2015. Selon le dernier bilan de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) publié sur le plantigrade, 259 dommages sont imputables à l’ours en 2016.

Lourd tribut pour les ruches

« Le nombre de dossiers enregistrés reste cohérent par rapport aux années précédentes, en dehors de l’épisode de dérochement survenu dans le département des Hautes-Pyrénées », souligne le bilan. Au début du mois de juillet, 132 bêtes étaient mortes après être tombées d’une barre rocheuse sur l’estive de Bachebirou, gonflant ainsi le nombre de victimes du plantigrade dans ce département.

>> A lire aussi : Hautes-Pyrénées: 125 brebis meurent en chutant d'une barre rocheuse, l'ours pointé du doigt

Si le nombre de dommages reste stable avec 158 animaux, les ruches des Pyrénées ont payé un plus lourd tribut cette année avec 31 ruches indemnisées, contre 11 en 2015 et une seule en 2014. « Le passage de l’ours sur des nouveaux secteurs de la Haute-Garonne et des Hautes-Pyrénées explique les dommages à nouveau constatés sur les ruches », explique le bilan. Ces ruches n’étaient a priori pas protégées par des dispositifs contre le plantigrade, comme des clôtures électriques.

Les associations pour de nouveaux lâchers

Pour les associations de défense de la réintroduction de l’ours, ce bilan prouve que le massif pyrénéen est bien un habitat favorable pour l’ours, que les plantigrades relâchés s’y adaptent bien et que la cohabitation avec le pastoralisme est possible grâce au soutien de l’Etat et aux efforts des éleveurs.

>> A lire aussi : Vers de nouveaux lâchers d'ours dans les Pyrénées ?

Le bilan est positif quant à l’augmentation lente du nombre de plantigrades, en particulier dans les Pyrénées centrales, mais le faible noyau reconstitué dans les Pyrénées occidentales où subsistent seulement deux mâles reste problématique.

« Depuis douze ans, l’Etat a laissé pourrir la situation en Béarn où nous réclamons l’arrivée de femelles reproductives, déplore Alain Reynes, directeur de l’association Pays de l’Ours-Adet. Nous demandons au gouvernement d’intégrer à la version définitive de son prochain plan ours les préconisations à minima du Muséum national d’Histoire naturelle : quatre femelles d’urgence en Béarn et deux dans les Pyrénées centrales. »