Affaire Merah: Des «erreurs» mais pas de «faute lourde» de l'Etat dans la surveillance du futur tueur

TERRORISME Pour la cour d'appel de Marseille, l'Etat  n'a commis aucune «faute lourde» en n'anticipant pas les crimes de Merah. Mais elle pointe des «erreurs d'appréciation» des services de renseignement...

H.M. avec AFP

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Abel Chennouf, l'une des victimes de Mohamed Merah.
Abel Chennouf, l'une des victimes de Mohamed Merah. — Pascal Pavani AFP

L’Etat n’a commis aucune « faute lourde (…) susceptible d’engager sa responsabilité » dans la surveillance de Mohamed Merah avant qu’il devienne le funeste « tueur au scooter » de Toulouse et Montauban en mars 2012.

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C’est du moins ce qu’estime la cour administrative d’appel de Marseille dans une décision rendue ce mardi et qui infirme celle du tribunal administratif de Nîmes. Le 12 juillet 2016, ce dernier avait reconnu que les services de renseignements avaient commis une « faute » et donné raison à Albert Chennouf, initiateur de la procédure et père d’Abel Chennouf, un des soldats abattus par Mohamed Merah le 15 mars 2012 devant la caserne de Montauban.

Albert Chennouf n’a cessé depuis le drame de pointer « l’amateurisme » de l’administration qui a selon lui précédé le passage à l’acte du tueur.

La surveillance aurait dû être maintenue

Mohamed Merah avait effectué des voyages en Afghanistan et au Pakistan. Il avait été fiché S en 2006 et 2010. Le djihadiste avait même fait l’objet d’une enquête en 2011. Il avait dans ce cadre été interrogé par les services de renseignements qui n’ont pas jugé à l’époque qu’il fallait procéder à sa « neutralisation préventive ». Dans son arrêt, la cour administrative d’appel de Marseille pointe des « erreurs d’appréciation de la part des services de renseignement (…) qui les ont conduits à abandonner une surveillance qui aurait dû être maintenue ».

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Mais pour les juges marseillais ces failles ne constituent toutefois pas une « faute lourde » qui permettrait à la veuve d’Abel Chennouf, qui était enceinte au moment du drame, d’être indemnisée à ce titre.