TGV Bordeaux-Toulouse: La polémique continue entre le maire de Toulouse et la SNCF

TRANSPORTS Guillaume Pepy, président de la SNCF, a répondu à Jean-Luc Moudenc, ardent partisan de l’extension de la ligne grande vitesse (LGV) Paris - Bordeaux vers Toulouse…

N.S. avec AFP

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Sur la façade du Capitole, la mairie de Toulouse affiche son soutien à l'extension de la LGV Paris - Bordeaux vers la Ville rose, le 28 mars 2017.
Sur la façade du Capitole, la mairie de Toulouse affiche son soutien à l'extension de la LGV Paris - Bordeaux vers la Ville rose, le 28 mars 2017. — Mairie de Toulouse

Si l’extension de la ligne grande vitesse (LGV) Paris - Bordeaux vers Toulouse relève encore du projet lointain, la bisbille entre Jean-Luc Moudenc, maire LR de la Ville rose, et Guillaume Pepy, président de la SNCF, est bien réelle. Celui-ci a répondu à l’édile que « pour le moment », « il n’y a pas (en France) de projet de ligne à grande vitesse qui soit en chantier ».

« En ce qui concerne la ligne Paris-Toulouse et le projet consistant à prolonger la ligne Paris - Bordeaux au-delà de sa limite actuelle, notamment vers Toulouse, l’instruction de cette ligne par l’Etat est toujours en cours », a affirmé Guillaume Pepy dans un courrier en date du 20 mars, consulté mardi par l’AFP.

« Les recours administratifs et juridiques faisant suite aux enquêtes publiques préalables à la décision d’utilité publique ne sont pas purgés. La mission de financement mise en place par le ministre des Transports devrait remettre son rapport à l’été 2017 », selon le président de la SNCF. Conclusion : « il appartiendra donc à l’Etat et aux élus de prendre les décisions, probablement courant 2018, relatives aux étapes suivantes du projet. »

L'« étonnement », voire le « mécontentement » de Jean-Luc Moudenc

La polémique a débuté le 10 mars sur la fameuse extension Bordeaux - Toulouse. Sur France Inter, Guillaume Pepy avait dit « penser » que le TGV Paris - Bordeaux, récemment inauguré, était « le dernier pour le moment ». Une remarque qui avait irrité Jean-Luc Moudenc. Le maire de la quatrième ville de France, également président de Toulouse Métropole, lui avait alors demandé le 15 mars la confirmation des « engagements » de la société en faveur du TGV Paris - Toulouse. « Je ne peux qu’exprimer mon étonnement, pour ne pas dire mon mécontentement », avait-il écrit.

Le patron de la SNCF avait répondu le 20 mars en affirmant ne pas avoir « l’habitude de prendre parti et de (s)'exprimer sur des choix qui ne sont pas de (son) ressort ».

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Mardi, Jean-Luc Moudenc a affirmé mardi à l’AFP que Guillaume Pepy « reconnaît qu’il n’est pas décisionnaire ». « J’en déduis qu’il aurait dû se taire. Car il s’est exprimé avec une tonalité négative que je ne peux que déplorer », a-t-il ajouté.

A l’initiative de la mairie de Toulouse, une pétition a été lancée le 23 mars pour soutenir la réalisation de la LGV entre Bordeaux et Toulouse. Mardi à 18 heures, elle avait recueilli près de 6.200 signatures. La présidente PS de la région Occitanie Carole Delga avait elle aussi souligné sa « détermination totale » pour « concrétiser au plus vite » cette ligne.

Un coût total estimé à 8,3 milliards d’euros

Le Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO), censé notamment relier en 2024 Paris à Toulouse, via Bordeaux, a été déclaré « d’utilité publique et urgent » en juin. Il doit mettre Toulouse à un peu plus de 3 heures de la capitale, contre au moins 5 h 20 aujourd’hui.