Champions Cup: En cherchant bien, le Stade Toulousain a trouvé 4 raisons de croire en l'exploit au Munster

RUGBY L’atmosphère à Toulouse n’est pas au franc optimiste avant le déplacement chez les Irlandais du Munster, samedi en quart de finale de la Champions Cup…

Nicolas Stival

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Le 5 avril 2014, le Munster de Simon Zebo avait écrasé le Stade Toulousain au Thomond Park de Limerick, en Irlande, lors d'un quart de finale de Coupe d'Europe.
Le 5 avril 2014, le Munster de Simon Zebo avait écrasé le Stade Toulousain au Thomond Park de Limerick, en Irlande, lors d'un quart de finale de Coupe d'Europe. — K. Sutton / Colorsport / Sipa

On peut être l’équipe la plus titrée d’Europe, avec quatre trophées dans l’armoire, et arriver en quart de finale de Champions Cup avec l’étiquette d’outsider. C’est le cas du Stade Toulousain, en déplacement samedi chez les Irlandais du Munster. Voici trois ans, l’équipe alors entraînée par Guy Novès était repartie du chaudron de Thomond Park les joues rougies (47-23).

Aujourd’hui, la formation dirigée par Ugo Mola, piètre dixième de Top 14, est encore plus en difficulté avant son rendez-vous chez le double champion d’Europe, qui a gagné 31 de ses 34 matchs à domicile dans la compétition, dont ses trois rencontres de poule cette saison face aux Glasgow Warriors (38-17), à Leicester (38-0) et au Racing 92 (22-10).

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« Il faudra un grand, grand Stade Toulousain, reconnaît Ugo Mola. Celui de ces dernières semaines laisse peu d’espoirs. » « Nos chances de gagner sont infimes », poursuit l’ailier Yoann Huget. En creusant bien, les Toulousains trouvent tout de même quelques motifs d’espérer, plus ou moins convaincants.

La méthode Coué

Quand il n’y a pas vraiment de raisons objectives de croire en un succès, on peut toujours compter sur l’autosuggestion, méthode popularisée par le psychologue Emile Coué. « On a l’effectif et la force pour gagner, assure ainsi Gaël Fickou. Nous, on y croit. C’est le plus important car c’est nous qui allons jouer. » Du haut de ses 33 ans, Florian Fritz tempère l’enthousiasme de son jeune compère trois-quarts centre (23 ans) : « Sans manquer de respect à l’UBB, qui nous a battus, le Munster, c’est un calibre au-dessus. Si on n’arrive pas à élever le niveau de jeu, la discipline et l’impact, on ne pourra rien espérer. »

La glorieuse incertitude du sport

Qui aurait parié sur le maintien du TFC la saison dernière, ou encore sur la récente « remontada » du Barça face au PSG ? Personne, ou presque. « Il y a toujours des raisons d’y croire dans un match de rugby, sinon vous ne viendriez pas », a lancé Ugo Mola ce mardi midi aux médias en conférence de presse. « Les statistiques d’avant-match sont pour les parieurs et les journalistes, a ajouté l’entraîneur principal. Moi, ce sont les stats d’après-match qui m’intéressent. »

« Sur un match, tout peut se passer, renchérit Gaël Fickou. L’an dernier, on ne pensait pas que le Racing 92 irait en finale de la Coupe d’Europe [ou du championnat], et finalement ils en ont disputé deux. » Toutefois, le rugby est historiquement moins propice aux surprises que le foot, même si on peut voir de temps à autre le Japon battre l’Afrique du Sud.

Le souvenir des Wasps

« Il y a deux mois, nous devions aller nous faire manger par les Wasps et nous leur avions tenu tête », rappelle Yoann Huget. En effet, le 14 janvier en phase de poules, le Stade avait fait jeu égal chez l’une des meilleures équipes d’Angleterre, également qualifiée pour les quarts de finale de la Champions Cup. Il aurait même pris le large sans des pénalités ratées, l’un des nombreux maux toulousains.

Mais finalement, les Rouge et Noir avaient perdu (17-14), à cause d’un essai encaissé en toute naïveté à la dernière minute. Face au froid réalisme du Munster, maître dans le jeu au pied d’occupation et la conservation du ballon, aucun relâchement ne sera davantage toléré.

Le souffle de l’Histoire

Sur le plan de l’éloquence, Yoann Huget n’est pas (encore) Georges Clemenceau ou André Malraux. Mais l’ailier international s’est fendu d’une jolie formule pour mobiliser les forces toulousaines. « L’écusson sur le maillot nous rappelle l’histoire du club et il faudra amener un peu de cette histoire avec nous, assène l’ailier des Bleus. A nous de montrer notre orgueil. »

Ce ne sera pas de trop face aux coéquipiers de Conor Murray, le demi de mêlée et maître à jouer du Munster et de la sélection irlandaise, encore incertain pour le choc de samedi. A cette occasion, chaque équipe disputera son 157e match dans la « grande » Coupe d’Europe, dont une finale l’une contre l’autre, gagnée (16-13) par les joueurs de Cork et Limerick en 2008. Aucune autre formation n’a fait aussi bien.