Un élu devant le tribunal pour avoir traité son maire de ... «chamallow»

JUSTICE Un élu de la Salvetat-Saint-Gilles, près de Toulouse, a comparu mardi devant le tribunal pour avoir comparé le maire à un chamallow dans un mail...

Helene Menal

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Près de Toulouse, un élu est jugé pour avoir traité son maire de
Près de Toulouse, un élu est jugé pour avoir traité son maire de — H. Menal - 20 Minutes

Dans un pays où le Président de la République a été qualifié de « Flamby », voire de « fraise Tagada », cela peut-il coûter bonbon de comparer un maire à un chamallow ?

C’est la très sérieuse question que doit trancher le tribunal correctionnel de Toulouse après la comparution ce mardi de Jean-Louis Cesses, prévenu « d’injure publique sur une personne chargée d’un mandat public ».

« Mou et gluant »

Ce salarié d’Airbus est aussi élu d’opposition à la Salvetat-Saint-Gilles, une commune de 7.500 habitants située à l’ouest de Toulouse. Après chaque conseil municipal, il a pris l’habitude de débriefer les débats par courriel à l’attention d’un groupe de sympathisants. Dans un mail envoyé le 24 juin 2016, il résumait ainsi la dernière séance : « Un conseil à l’image de notre bon maire qui m’évoque un chamallow. Il est mou et gluant ». « J’essaie toujours de mettre peu d’humour pour que la communication soit plus fluide », s’est justifié Jean-Louis Cesses à la barre.

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La métaphore a été envoyée à 42 adresses, dont 17 erronées, soit à 25 personnes en tout. Mais parmi elles figurait au moins une employée municipale. Et là, pour François Arderiu, le maire en question, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder la bonbonnière.

« Je ne suis pas un modèle de susceptibilité mais le fond du problème, c’est que les agents sont soumis à un devoir de réserve. Il y a eu une volonté de déstabiliser les services », estime l’édile, qui a le chamallow en travers de la gorge.

Parfois « répugnant », parfois « sympathique »

Son avocat, Laurent De Caunes, considère que la comparaison « s’adresse à l’esprit, au caractère mais peut-être même au physique » et qu’en tout état de cause son client a été assimilé à quelque chose de « répugnant ».

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Jean-Louis Cesses au Palais de justice de Toulouse, le 28 mars 2017.

Jean Iglesis, l’avocat du prévenu, n’est pas du même avis. L’occasion étant trop belle, il a sorti au tribunal son gros sachet de bonbons « sucrés, plutôt sympathiques et qui font le ravissement des enfants ». Le conseil a rappelé qu'« endive moite » et « dindon courroucé », deux qualificatifs donnés publiquement à un avocat, n’avaient pas été retenus comme injures par la Cour de cassation.

Pour le chamallow, il faudra attendre le 20 juin et la décision du tribunal de Toulouse.