Ligue 1: Privé de matchs, taillé par Dupraz, renvoyé en réserve… Lukebakio n’oubliera pas son prêt au TFC

FOOTBALL L’ailier Dodi Lukebakio, prêté par le club belge d’Anderlecht, vit une saison très difficile à Toulouse…

Nicolas Stival

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L'ailier du TFC Dodi Lukebakio lors du match de Ligue 1 contre Nantes, le 14 janvier 2017 au Stadium de Toulouse.
L'ailier du TFC Dodi Lukebakio lors du match de Ligue 1 contre Nantes, le 14 janvier 2017 au Stadium de Toulouse. — R. Gabalda / AFP

Dodi Lukebakio a débarqué à Toulouse sans crier gare le 31 août 2016, juste avant la fin du mercato d’été. Le jeune ailier d’Anderlecht a été prêté au TFC, alors qu’Uros Spajic prenait le chemin inverse. Sept mois plus tard, Lukebakio (19 ans) se contente d’évoluer en CFA 2 (5e division), tandis que le défenseur serbe a convaincu le club belge de le recruter définitivement.

« En Belgique, on a été surpris de voir Lukebakio partir dans un club français de milieu de tableau plutôt que dans un club de fin de classement aux Pays-Bas, comme c’est souvent le cas avec les jeunes qui sont prêtés, avoue Christophe Franken, journaliste qui suit Anderlecht pour le quotidien La Dernière Heure/Les Sports. On se disait qu’il n’était pas mûr. »

Le milieu offensif totalisait à peine 17 matchs de Jupiler League (un but) avant de rejoindre la France. Après des débuts très réussis sous la houlette de l’entraîneur Besnik Hasi fin 2015, il avait été écarté par son successeur, René Weiler, irrité notamment par les soucis de ponctualité du joueur.

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A Toulouse, Lukebakio n’a pu jouer son premier match officiel qu’en janvier 2017, à cause d’un improbable imbroglio administratif : incapable de retrouver son certificat de naissance, à Asse, en Belgique, le Congolais a dû attendre une sélection avec la RDC pour que son prêt au TFC soit validé, au mercato d’hiver.

Et le baptême, en Coupe de France contre l’OM au Stadium (1-2, a.p.) a été compliqué. Entré en jeu pendant plus d’une heure comme ailier gauche puis droit, le jeune Bruxellois s’était fait tailler par Pascal Dupraz. « Je n’ai pas du tout aimé [sa prestation] », avait lâché le technicien toulousain, très critique sur son replacement défensif. « C’est sa plus grande lacune », reconnaît Christophe Franken, qui évoque « un joueur grand, rapide, très technique » et « un garçon cool, ouvert ».

Un doublé… avec la réserve du TFC

Dupraz a ensuite utilisé deux fois Lukebakio en Ligue 1 au mois de janvier, contre Nantes (0-1) puis à Bordeaux (1-0), avant que les arrivées de Corentin Jean et Andy Delort ne bouchent son horizon. Aujourd’hui, l’international congolais joue en réserve, avec laquelle il reste sur un doublé contre les Corses de Furiani-Agliani, samedi en CFA 2. Hors terrain, il s’est vu retirer lundi son permis de conduire pour un excès de vitesse commis en août 2016 en Belgique, trois semaines à peine après avoir obtenu le sésame.

Bref, les temps sont durs pour Lukebakio, qui retrouvera cet été Anderlecht, où son contrat court jusqu’en juin 2020. Mais Christophe Franken et d’autres observateurs avisés du foot belge croient toujours en lui. « Autant nous étions étonnés qu’il rejoigne Toulouse, autant nous serions surpris qu’il ne réussisse pas. A condition qu’il comprenne les exigences du football moderne, et qu’il trouve un coach qui le suive de près. » Sinon, l’ailier congolais pourrait rester un éternel espoir, comme tant d’autres avant lui.