Dépollution des ballastières: Le maire de Toulouse interpelle (à nouveau) Jean-Yves Le Drian

SOCIETE Malgré les sollicitations du maire de Toulouse, le ministre de la Défense n’a toujours pas donné de calendrier sur la dépollution des ballastières promise en janvier par Bernard Cazeneuve…

Béatrice Colin
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La zone des ballastières, à Toulouse.
La zone des ballastières, à Toulouse. — FrŽdŽric Scheiber/20MINUTES

Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. A Toulouse, on a pour l’heure du mal à s’engager sur celle faite par le Premier ministre le 13 janvier dernier. Lors d’une visite dans la Ville rose, Bernard Cazeneuve avait annoncé que les ballastières seraient dépolluées à l’horizon 2022.

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Dans la foulée, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, avait reçu un courrier de Matignon lui indiquant que le ministre de la Défense était saisi de ce dossier explosif depuis AZF : quatre étangs artificiels, propriétés de l’armée, où dorment depuis plus d’un siècle 4.700 tonnes de nitrocellulose.

Nouveau courrier le 7 mars

Mais voilà. Depuis plus rien. Pas un retour de Jean-Yves Le Drian sur la méthode employée pour la dépollution des Ballastières, ni même le moindre début de calendrier stipulant quelles seraient les prochaines étapes.

Des hypothèses de dépollution avaient été évoquées en juillet 2013 : soit thermique, qui consiste à brûler la nitrocellulose en dehors du site (40 millions d’euros), soit par biodégradation sur place, testée à l’époque en laboratoire et qui nécessiterait la mise en place d’un site Seveso, compliqué à côté de l’Oncopole et du futur téléphérique. Dernière option : ne rien faire, laisser la nitrocellulose là où elle est.

Après un énième courrier - dont un en date du 3 février -, le maire de Toulouse a décidé de reprendre sa plume pour se fendre d’une nouvelle missive le 7 mars.

« C’est la quatrième lettre que je vous adresse à ce sujet, à laquelle vous ne répondez pas. Cette attitude souligne le mépris que vous portez aux inquiétudes légitimes des patients et du personnel de l’Oncopole, des riverains et au-delà à l’ensemble des Toulousains et de leurs représentants élus, ainsi que le non-respect de la parole du Premier ministre », tacle Jean-Luc Moudenc.

Après avoir passé près de trois ans à faire la sourde oreille sur ce sujet épineux, il faudra voir si le représentant de la Grande Muette sortira de son silence.