Le caporal-chef Abel Chennouf a été assassiné le 15 mars 2012 à Montauban par Mohamed Merah.
Le caporal-chef Abel Chennouf a été assassiné le 15 mars 2012 à Montauban par Mohamed Merah. — Jacques Brinon/AP/SIPA

JUSTICE

La justice examine à nouveau la responsabilité de l’Etat dans la mort d’une victime de Merah

L’été dernier, l’Etat était condamné, et reconnu en partie responsable de la mort du soldat Abel Chennouf, pour avoir abandonné la surveillance de Merah. L’appel est jugé mercredi…

Le 12 juillet 2016, l’Etat était en partie reconnu responsable de la mort du caporal-chef Abel Chennouf, assassiné le 15 mars 2012 à Montauban par Mohamed Merah.

Le tribunal administratif de Nîmes avait jugé que « la décision de supprimer toute mesure de surveillance de Mohamed Merah, prise à la fin de 2011, est constitutive d’une faute engageant la responsabilité de l’Etat » et celle-ci avait « compromis les chances d’empêcher un attentat ».

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Une victoire pour la famille du soldat qui voulait ainsi pointer « les faiblesses de l’Etat » et en particulier de ses services de renseignement. Malgré les récents voyages du jeune homme en Afghanistan et au Pakistan, ainsi que ses fréquentations du milieu de l’islamisme radical, ces derniers avaient abandonné toute mesure de surveillance.

« L’amateurisme » des services de l’Etat dénoncé

Ce mercredi, la cour administrative d’appel de Marseille réétudiera cette affaire. Le ministère de l’Intérieur avait en effet interjeté appel de cette décision. Devant le juge, il avait fait valoir que le terroriste qui a tué sept personnes en mars 2012 avait fait l’objet de nombreuses écoutes et filatures mais que « personne n’a jamais décelé d’intention criminelle chez lui » avait souligné Claude Guéant, ministre de l’époque.

Un appel décrié par le père du soldat, dont les avocats avaient pointé « l’amateurisme » des services de l’Etat. « Les membres du gouvernement ont reconnu des fautes et ils interjettent appel, c’est une position contradictoire. Ils ont dû réfléchir et se dire que cela pouvait faire jurisprudence pour d’autres attentats », suppose Béatrice Dubreuil, l’une des avocates d’Albert Chennouf.

Ce dernier s’interroge sur l’urgence à traiter cet appel, les demandes de report ayant été refusées. « Pourquoi la justice n’a-t-elle pas démontré autant de détermination à arrêter une date pour le procès Merah ? », critique le père d'Abel Chennouf.

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Le procès des complices du tueur au scooter, Abdelkader Merah, son frère, et Fettah Malki, ont été renvoyés devant la cour d’assises, le 2 octobre.