Toulouse: Quel scénario pour l'emblématique cinémathèque?

CULTURE La célèbre cinémathèque de Toulouse est à l'étroit dans ses murs du centre-ville. Trois scénarios sont à l'étude alors qu'une pétition circule contre sa délocalisation...

Hélène Menal
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Un projecteur à la Cinémathèque de Toulouse.
Un projecteur à la Cinémathèque de Toulouse. — J. J. Ader

Le suspense devrait encore durer un petit mois. « Fin mars-début avril », les cinéphiles de la Ville rose seront fixés sur le sort de la cinémathèque. Qu’on se rassure, le temple du cinéma n’est pas en danger. Au contraire, il est à l’étroit dans son bel écrin de la rue du Taur, en plein centre-ville, qu’il occupe depuis pile 20 ans.

« Nous avons besoin d’un espace d’exposition à la hauteur de nos collections, d’un espace pédagogique, d’un espace de convivialité aussi, et d’une deuxième salle de projection de 100 à 150 places qui permettrait de croiser les publics et donc de travailler la programmation », détaille Franck Loiret, le directeur délégué de l’institution.

Sans compter le centre de conservation et de recherche de Balma, ouvert en 2004, qui croule sous le poids des bobines. Il faut donc passer à l’action.

Trois scénarios sont à l’étude :

- L’extension (difficile mais possible) des locaux de la rue du Taur et de ceux de Balma

- Le déménagement de la cinémathèque dans les fameuses halles de la Cartoucherie, près du Zénith.

- Le maintien rue du Taur avec l’ouverture d’une extension, « une antenne », ailleurs.

« Les trois hypothèses se traduisent par des coûts variables, l’étude conduite par les services de l’Etat doit les analyser », indique le maire de Toulouse,Jean-Luc Moudenc (LR), sans donner sa préférence.

Un « exil » qui fait peur

Le scénario 2, celui de l’exil à la Cartoucherie (qui n’est quand même pas la périphérie de Toulouse et est connectée au tram) fait en tout cas trembler les habitués.


pour dire « Non à la délocalisation », a réuni 1.500 signatures de cinéphiles qui considèrent que « déporter la cinémathèque loin d’un accès central et facile pour tous, c’est la tuer ou la renvoyer à son seul rôle de conservation ».

« Ces réactions témoignent d’un réel attachement », souligne Franck Loiret. Le responsable assure que « personne n’est fermé à rien » et que la décision se prendra « sereinement avec toutes les tutelles [Mairie, Centre national du Cinéma, Région, Département] ».

Si l’option Cartoucherie n’est pas retenue, les Halles s’en remettront. « Nous avons des contacts dans le cinéma d’animation », assure le maire.