VIDEO. Présidentielle: «Relever les salaires des personnels pénitentiaires pour attirer de nouvelles recrues»

A VOS SOUHAITS Avant l’élection présidentielle, « 20 Minutes » est allé à la rencontre des Français pour prendre le pouls de la nation…

Propos recueillis par Beatrice Colin

— 

Robert, 46 ans, agent des services pénitentiaires en Haute-Garonne.
Robert, 46 ans, agent des services pénitentiaires en Haute-Garonne. — B. Colin / 20 Minutes

Riches, pauvres, chômeurs, jeunes, retraités, zadistes… A l’approche de l’élection présidentielle des 23 avril et 7 mai, 20 Minutes est allé à la rencontre des Français de tous les âges et dans tout le pays, afin de prendre le pouls de la nation.

A chaque personne interrogée, trois questions ont été posées, toujours les mêmes. Aujourd’hui, c’est au tour de Robert*, 46 ans, surveillant pénitentiaire depuis 25 ans, en poste en Haute-Garonne, d’y répondre.

Quelle première mesure doit être prise par le nouveau chef de l’Etat ?

Qu’il applique toutes les promesses électorales qu’il a faites durant la campagne. En matières d’administration pénitentiaire, la première mesure serait de relever les salaires pour que les jeunes recrues aient envie de venir chez nous. Mais aussi que les prisons soient plus sécuritaires à l’intérieur car là c’est vraiment la catastrophe, on n’a plus d’autorité sur la population pénale. Il faudrait aussi que l’on paie un peu moins d’impôts et qu’ils soient peut-être mieux mis à contribution et que l’on arrête la gabegie à ce niveau-là.

Pourquoi êtes-vous intéressé par cette élection ?

Cela reste l’élection du président de la République, ce n’est pas n’importe quoi. J’ai toujours été attiré par la politique, je suis d’ailleurs conseiller municipal sans étiquette de mon village natal mais je n’ai jamais adhéré à un parti politique. Vu le nombre d’affaires et les futurs présidentiables que l’on attendait comme Valls, Sarkozy ou Juppé et qui ne sont pas au rendez-vous, cette élection ne sera apparemment pas comme les autres. Pour l’instant, aucun programme n’est vraiment affiché et les promesses faites durant la campagne des primaires ne tiennent déjà plus comme celle sur la Sécurité sociale faite par François Fillon.

Avez-vous déjà finalisé votre vote ?

Oui, celui pour le plus grand parti de France, le parti des abstentionnistes. Ce sera une première pour moi, mais je suis dégoûté des politiques de tous bords. Nous sommes dirigés par des gens déconnectés de la vie, qui ne sont là que pour le pouvoir. Et je ne serai pas le seul. Dans ma petite commune où il y a beaucoup d’agriculteurs qui votent à droite, ils sont aussi déboussolés. Et ici, au sein des services pénitentiaires, il y aura un vote FN. Les surveillants sont très déçus, notamment par la politique d’immigration. En prison il y a beaucoup de personnes françaises d’origine étrangère revendicatives et vindicatives et les personnels sont écœurés.

* Le prénom a été changé