VIDEO. Vous connaissez le stone balancing ? Un roc de la discipline sévit dans les Pyrénées

INSOLITE Empiler des cailloux pour former d’improbables et fragiles tumulus. Le stone balancing a de plus en plus d’adeptes comme Manu Topic qui roule sa bosse et ses pierres dans les torrents des Pyrénées…

Hélène Ménal

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Manu Topic et une des ses "balances"
Manu Topic et une des ses "balances" — Manu Topic

Avant, il enfonçait de clous. Maintenant, qu’il vente ou qu’il neige, il empile des pierres. Emmanuel Fourcade, aka Manu Topic sur les réseaux sociaux, pratique le stone (ou rock) balancing. Il est accro à ce « badaboum » de plein air qui consiste à agencer des cailloux, n’importe quand et n’importe où, pour former des monticules à l’équilibre improbable qui s’écrouleront au prochain coup de vent ou au prochain remous de la rivière.

Il prend son C15 et écume la montagne

« J’ai découvert des photos sur Internet avec ma copine. On s’est immédiatement dit que c’était truqué, raconte cet habitant d’Esparros, dans les Hautes-Pyrénées, on s’est mis à fouiller, à se renseigner ». Et moins de deux ans plus tard, ce tapissier d’ameublement tapisse de moins en moins, juste ce qu’il faut pour boucler les fins de mois.

Le reste du temps enfile sa combinaison imperméable de pêcheur, prend son vieux C15 et écume les torrents de montagne. Parfois, il marche des heures avant d’arriver sur son spot. Parfois, il se retourne pour saisir son appareil photo et son œuvre, sa « balance » dans le jargon, ingrate, s’écroule dans un souffle.

« Quand on lâche les pierres et que ça fonctionne, que ça tient, le sentiment est indescriptible. »

A 29 ans, il a trouvé sa voie, persuadé que le stone balancing « est aussi un art de vivre ». Il a déjà communiqué le virus à son entourage puisque son jeune fils empile déjà tout ce qui lui tombe sous la main.

Invité d’un prestigieux festival de Land Art

Et Manu Topic s’est même déjà trouvé un horizon qui va bien au-delà des sommets de ses montagnes. Car la discipline est affaire de partages. De diffusion de photos et de vidéos sur les réseaux sociaux. Le stone balancer passe son temps à donner des conseils, à démentir les accusations de fake aussi. Pierre par pierre, il bâtit sa réputation au point d’avoir réussi à rentrer en contact avec Michel Grab, la légende américaine du genre.​

​Le Français est même sur le point d’effleurer sa pierre philosophale. Le 7 mars, il s’envolera pour le Texas. Il est invité au Llano Earth Fest, la Mecque du Land Art. Au milieu des sculpteurs de sable ou des peintres sur terre, les stone balancers s’y livrent à une battle à coups de pierre qui fait office de championnat du monde non officiel.