Pyrénées: Un nouveau «plan ours», mais sans lâcher d'ours... Les militants sortent les griffes

BIODIVERSITE Une consultation publique a lieu jusqu’au 8 mars sur les actions à mener en faveur de l’ours dans les Pyrénées au cours des dix prochaines années…

Béatrice Colin
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Un ours filmé au cours de l'été 2016 dans les Pyrénées par les caméras automatiques de l'ONCFS.
Un ours filmé au cours de l'été 2016 dans les Pyrénées par les caméras automatiques de l'ONCFS. — ONCFS / Equipe ours

Alors qu’ils sont bien au chaud dans leurs tanières, les ours des Pyrénées font à nouveau parler malgré eux. Jusqu’au 8 mars, le grand public est invité à se prononcer sur le nouveau « plan ours » mis en ligne sur le site de la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement d’Occitanie dans le cadre de la stratégie pyrénéenne de valorisation de la biodiversité.

Un projet qui, sans y renoncer, ne prévoit pas en l’état de nouveau lâcher de plantigrade dans les Pyrénées, privilégiant « la capacité de la population d’ours à croître d’elle-même ».

Pas de calendrier

Inacceptable pour les associations qui militent au quotidien pour de nouvelles réintroductions sur le massif.

« Le plan constate clairement que la population n’est pas viable et reprend notamment l’étude du Museum d’histoire naturelle qui préconisait le lâcher de deux femelles dans les Pyrénées occidentales, où il n’y a plus que deux mâles, et de quatre autres dans les Pyrénées centrales pour éviter la consanguinité. Mais en termes de décision, de calendrier, de financement il n’y a rien. Ce gouvernement refuse de prendre ses responsabilités », s’offusque Alain Reynes de l’association Adet-Pays de l’ours.



Un plan ours dont ne veulent pas non plus les opposants au plantigrade. Mais pas pour les mêmes raisons. Ces derniers réfutent la présence même de l’ours « incompatible avec le pastoralisme » rappelaient-ils en juillet dernier lors d’une manifestation à Toulouse.

« Bien sur qu’ils sont contre. Mais dans ce plan ours on remarque que 50 % du budget annuel de 3,3 millions d’euros va aux éleveurs et aux groupements pastoraux. Sont-ils prêts à y renoncer », interroge Alain Reynes. Quel que soit le projet qui sera entériné, une chose est sûre, pro et anti resteront irréconciliables.