Haute-Garonne: Pour sauver son exploitation, un jeune agriculteur propose de parrainer ses vaches

INSOLITE Jouer les bonnes fées pour un petit veau ou une belle blonde d’Aquitaine. C’est ce que propose un jeune agriculteur pour sauver son exploitation en faisant appel au crowdfunding…

Hélène Ménal

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Un veau et sa mère. Illustration.
Un veau et sa mère. Illustration. — K. Sawford - Rex Shutterstock Sipa

Indécrottables urbains, vous pouvez prendre un veau sous votre aile, le baptiser comme vous voulez, demander de ses nouvelles et même lui rendre visite de temps en temps. C’est du moins ce que propose Ludovic Marty,un jeune agriculteur du Lauragais, à Revel, près de Toulouse, en organisant le sauvetage en ligne de son exploitation.

Dettes et tempête

A 26 ans, le jeune éleveur spécialisé dans le « veau sous la mère » et les blondes d’Aquitaine a déjà trois ans de galère derrière lui. Depuis qu’il a repris l’exploitation de ses parents, une tempête a ruiné ses récoltes et il s’est endetté au maximum pour moderniser ses équipements.

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Il se retrouve désormais avec un troupeau vieillissant de 14 vaches allaitantes et ne voit qu’une solution pour s’en sortir : augmenter le cheptel, y apporter du sang neuf. Seulement, une génisse coûte 1.200 euros et il en faudrait 25 de plus à Ludovic.

« En me voyant un peu perdu, beaucoup dans mon entourage me demandaient ce qu’ils pouvaient faire pour moi », raconte l’agriculteur. « A part un don, je ne vois pas », répondait-il en plaisantant. Jusqu’au déclic du crownfunding. Le Revélois a mis son projet en ligne sur la plateforme spécialisée Miimosa. Avec, pour les donateurs, des contreparties très terroir : des visites à la ferme, des paniers gourmands et, pour les plus généreux, l’insigne honneur de parrainer un veau et sa mère.

Encouragements désintéressés

L’affaire s’est ébruitée. Les blondes d’Aquitaine ont fait mouche. Et, alors qu’il reste plus d’un mois pour remplir la cagnotte en ligne, les 6.000 euros espérés (sur 30.000 à réunir) sont déjà dépassés. « C’est complètement dingue », se pince Ludovic, à la fois « surpris et ravi ». Lui qui croyait financer ainsi quelques vaches pourrait bien revoir son projet.

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Mais il est surtout ému par cette solidarité. Certains donateurs déclinent toute contrepartie et l’encouragent tout simplement. « Ils aiment les bons produits et voudraient que je reste agriculteur », confie l’éleveur.