Sportif et globe-trotter, Pierre Rizo fait le tour du monde en 40 épreuves olympiques

JO 2020 Pierre Rizo s’est fixé un grand défi d’ici les Jeux de Tokyo en 2020. En quatre ans, ce professeur d’EPS veut visiter le plus de pays possible pour s’essayer à 40 disciplines olympiques…

Nicolas Stival
— 
Pierre Rizo à Athènes, le 13 septembre 2016, lors de la troisième étape de son «World sport challenge» entre les Jeux olympiques de Rio en 2016 et ceux de Tokyo en 2020.
Pierre Rizo à Athènes, le 13 septembre 2016, lors de la troisième étape de son «World sport challenge» entre les Jeux olympiques de Rio en 2016 et ceux de Tokyo en 2020. — P. Rizo

Le défi semble fou : parcourir le monde pendant quatre ans pour pratiquer (presque) tous les sports au programme des Jeux olympiques d’été. Le « World sport challenge » a été imaginé par Pierre Rizo, prof d’EPS à l’université Toulouse III-Paul-Sabatier. Dimanche, ce Gersois d’origine, âgé de 33 ans, partira au Kenya pour une semaine de demi-fond. Invité par Yoann Kowal, champion d’Europe 2014 du 3.000 steeple, il participera à un stage en compagnie d’athlètes locaux.

Il s’agit déjà de la septième étape d’une aventure démarrée en septembre 2016, après les Jeux de Rio, par un stage de lutte en Turquie. La 40e et dernière est programmée au Japon, en juillet 2020, juste avant les JO de Tokyo : cyclisme sur piste et arts martiaux. « Depuis une quinzaine d’années, je voyage beaucoup, explique Pierre Rizo. Je veux faire passer des messages : le sport est un excellent moyen d’échanger, de partager, de faire des découvertes culturelles. »

Les sponsors bienvenus

Pour l’heure, l’universitaire finance seul sa belle épopée, qu'il partage abondamment sur son site et sur les réseaux sociaux. Un séjour dure en général entre un week-end et une semaine, avec des nuits en auberge de jeunesse. Forcément, le Gascon ne dirait pas non à d’éventuels sponsors. Mais, avec ou sans mécène, il ne regrette pas de s’être lancé dans ce défi hors norme. « Cela semblait très compliqué à la base, mais je n’ai pas trop galéré. Je fonctionne au feeling, pour couvrir tous les continents, sauf l’Antarctique. J’essaie aussi d’aller dans des pays pour y pratiquer le sport national. »

Comme le rugby à VII aux Fidji, par exemple. Un voyage programmé cet été, après le demi-fond au Kenya, donc, puis le taekwondo en Corée du Sud et l’escalade en Espagne au printemps. Car oui, la « grimpette » deviendra olympique en 2020. Pierre Rizo a prévu de se rendre plusieurs fois dans certains endroits, comme aux Etats-Unis (baseball-softball et basket) ou encore… en France (handball et équitation).

Déjà six étapes accomplies

Jusqu’à présent, outre la lutte en Turquie, le globe-trotter a fait de l’haltérophilie en Bulgarie, couru le marathon d’Athènes en Grèce, tâté du golf en Irlande, pratiqué le badminton en Malaisie et en Chine, ainsi que le tennis de table dans ce dernier pays.

Le Gersois assure s’être régalé partout, avec une petite préférence pour l’accueil « super chaleureux » des lutteurs d’Istanbul, « dans un club de très, très haut niveau. » Il a aussi connu des moments de solitude, comme lorsqu’il s’est pointé avec son camescope et sa raquette dans une académie de jeunes pongistes, à Pékin. « Personne ne parlait anglais, mais au bout d’un quart d’heure, j’ai réussi à jouer avec eux ».

Parmi les sports d’été, rien n’effraie le prof d’EPS, très soutenu par ses collègues toulousains, ses étudiants et sa famille, même s’il confesse ne pas aborder avec un enthousiasme débordant une future épreuve de trampoline (oui, c’est aussi au programme des JO). Et pourquoi pas les disciplines d’hiver, au fait ? « Non, c’est trop dangereux, tranche Pierre Rizo. Le saut à ski, le bobsleigh, la descente ou le skeleton, je ne me sens pas capable d’en faire. » Cet homme a tout de même des limites, c’est rassurant pour les êtres ordinaires.