Un chercheur toulousain scrute de près la radicalisation des jeunes

ETUDE Le projet de prévention de la radicalisation «Practicies», porté par un enseignant-chercheur toulousain, vient de décrocher un label et des financements européens…

Béatrice Colin

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Illustration de propagande de Daech sur les réseaux sociaux.
Illustration de propagande de Daech sur les réseaux sociaux. — S. Salom-Gomis/SIPA

Jeudi, un lycéen toulousain de 19 ans était écroué après avoir fait l’apologie du terrorisme sur les réseaux sociaux. Comment en est-il arrivé là ? A-t-il été embrigadé sur Internet ? De nombreux jeunes se sont radicalisés ces dernières années, laissant leurs proches décontenancées et les pouvoirs publics sans solution efficace pour désamorcer ce phénomène.

Pour identifier les bonnes pratiques des différents pays et trouver des solutions et outils pour faire face à cette problématique, la commission européenne vient de débloquer 3,5 millions pour le projet « Practicies », coordonné par Séraphin Alava, un enseignant-chercheur toulousain de l’Université Jean-Jaurès.

« Ce projet a plusieurs volets et notamment celui de caractériser le processus de radicalisation des jeunes. Dans certains pays, on s’est concentré sur les tenues vestimentaires, dans d’autres sur le comportement. Sur une base de 100 cas, nous allons déterminer des indicateurs fiables », explique ce spécialiste des Sciences de l’Education.

En partenariat avec des chercheurs de plusieurs pays européens, mais aussi de Tunisie, il ambitionne de mettre au point un logiciel plus efficace que ceux utilisés aujourd’hui par l’antiterrorisme pour détecter les discours de radicalisation à partir d’associations de mots. Il pourrait être mis à la disposition des services du renseignement, mais aussi des parents.

Toulouse, une des villes partie prenante

Mais au-delà de la toile, l’ambition du projet est aussi d’avoir de meilleures remontées du terrain. Douze villes, dont celle de Toulouse, sont ainsi associées à ce travail qui doit permettre une meilleure coordination et communication entre la police nationale, la police municipale et les services antiterroristes.

« Beaucoup de jeunes radicalisés ici sont impliqués dans des trafics de stup et cette info doit circuler », plaide le chercheur. La mise en place d’outils d’éducation aux médias dans les établissements scolaires est aussi une piste sur laquelle planche « Practicies » et les responsables de la Ville rose.

Opinion sur la prévention et la déradicalisation

Dans le cadre de « Practicies », une enquête va être menée par la TNS Sofres auprès de 7.000 personnes. Cette étude doit permettre de connaître la perception des gens sur la politique de prévention de la radicalisation actuelle, mais aussi le processus de déradicalisation.

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