Toulouse: Bientôt des PV (pas toujours mérités) sur les parkings du métro

TRANSPORTS Pour renforcer la capacité d’accueil des parcs relais du métro, Tisséo part à la chasse aux voitures ventouses. Des travailleurs de nuit ont peur de trinquer injustement…

Hélène Menal

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Le parking-relais du terminus de Ramonville.
Le parking-relais du terminus de Ramonville. — Fred Scheiber/20 Minutes

Entre les étudiants de la région qui laissent leur voiture pour la semaine et les riverains qui n’ont pas envie de se louer un garage, les fameux parcs relais du métro ont bon dos. Tisséo estime que sur les 6.580 places disponibles actuellement, et théoriquement réservées aux usagers, « 1.000 à 1.200 sont occupées en permanence par des voitures ventouses ».

35 euros l’amende

Mais, c’est fini. A partir du 27 février, le stationnement sera interdit en dehors des horaires d’ouverture du métro, soit de « 1h à 5h en semaine, et de 3h à 5h le week-end ». Et pour marquer le coup, des agents assermentés sillonneront les lieux pour déposer sur les pare-brise des amendes à 35 euros. « Dès 8h15 du matin, des parkings comme ceux de Ramonville ou Gramont sont saturés, les gens qui vont travailler tournent pour trouver une place et ce n’est pas normal, justifie Laurent Lieutaud, le directeur commercial de Tisséo. Nous avons absolument besoin d’une bouffée d’oxygène et donc de parkings vides le matin ».

Des travailleurs de nuit pénalisés

Sauf que cette reprise en main pourrait bien avoir des effets pervers. Pour Marguerite par exemple, infirmière intérimaire, souvent appelée la nuit pour des remplacements à l’hôpital Purpan. Elle se gare sur un parking relais, prend le métro puis le tram, et regagne sa voiture « sereine et fatiguée » vers 8h30 du matin. C’est une usagère en règle, « en report modal » comme les aime Tisséo, mais aussi la candidate idéale à la fameuse « prune ».

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Sans possibilité de recours qui plus est. « Pour l’instant, le système ne permet pas de faire du sur-mesure même si quelques utilisateurs vertueux du système sont pénalisés », explique en effet Laurent Lieutaud. Même chose pour les noctambules. Plus question de se garer dans les parkings-relais du métro pour se trémousser jusqu’au bout de la nuit sur les dancefloors du centre-ville.

Un sytème plus moderne dans deux ans

La situation sera toutefois transitoire. Tisséo prévoit pour 2019-20, une « remise à niveau » du système de gestion des parkings. Des caméras permettront de lire les plaques et de mieux gérer les catégories d’usagers. Une location de nuit pour les riverains est également envisagée.

Les créations de places sur les parcs relais du métro projetées par Tisséo d'ici 2020.
Les créations de places sur les parcs relais du métro projetées par Tisséo d'ici 2020. - Tisseo-SMTC

Enfin, les parkings vont être agrandis. Le plan de Tisséo, d’un montant de 6 millions d’euros, prévoit la création de 1.450 places supplémentaires d’ici 2020: 500 à l’Oncopole au terminus du téléphérique, 300 à Borderouge, 450 à Basso-Cambo dans un nouveau parking silo et 200 à Ramonville.