Toi aussi, comme Thomas Pesquet, fais ta valise pour l'espace (la science te le rendra)

SCIENCES En marge du séjour en orbite de Thomas Pesquet, le Cnes et une chercheuse lancent un appel pour savoir ce que vous mettriez dans votre – petite – « valise pour l’espace »…

Helene Menal

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La — Thomas Pesquet/Cnes/ESA

Sa ceinture noire de judo, De la Terre à la Lune de Jules Verne et un fragment de météorite martienne prêtée par La Cité de l’Espace. Voilà un échantillon de ce que Thomas Pesquet, en plus de ses désormais célèbres playlists, a décidé d’emporter dans la Station spatiale internationale (ISS) à l’heure du choix cornélien. Il n’avait droit qu’à 1,5 kg d’effets personnels, l’équivalent d’une boîte à chaussures.

Et vous, vous auriez pris quoi à sa place pour affronter le vide ? Une question que se pose très sérieusement Charlotte Poupon, doctorante en géographie à l’université d’Artois et en neurosciences à l’Institut de recherche biomédicale des armées (RBA). « Ce qui m’intéresse, c’est la coquille, l’univers qu’on se construit quand on part pour un voyage de six mois dans une boîte à sardines », indique la chercheuse spécialiste des environnements confinés qui a fait plusieurs séjours dans des sous-marins.

Une thématique à laquelle le Cnes est bien sûr sensible, à l’heure où un long voyage habité vers Mars n’est plus qu’une question de décennies. Du coup, avec la complicité de Thomas Pesquet, la mission Proxima fait l’objet d’une expérience collaborative « satellite » :  « Ma valise pour l’espace ».

Pour y participer, il suffit de constituer sa propre boîte à chaussures, de poster sa photo et, surtout, de répondre au questionnaire en ligne sur le site du Cnes en expliquant pourquoi on emporterait tel ou tel objet. « Les motivations sont très importantes, insiste Charlotte Poupon. Un couteau – il y en a un dans une boîte – peut avoir plusieurs fonctions. Il peut être utilitaire mais aussi se rapporter à un souvenir ou servir de porte-bonheur ».

Parfum, SF… et préservatif

Pour l’heure, 93 « astronautes imaginaires » ont répondu à l’appel. Les données sont loin d’être traitées mais Charlotte Poupon a déjà confirmé certaines « intuitions ». « Il y a notamment ce stress lié aux perturbations sensorielles dans un environnement totalement neutre comme l’ISS. Beaucoup emportent des parfums, il y a aussi une bouteille avec du sable à toucher ».

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Côté bouquins, deux grandes catégories ressortent (même si plusieurs liseuses indéchiffrables compliquent l’analyse) : du spatial avec l’astronome Carl Sagan et la SF de Philip K. Dick qui reviennent plusieurs fois et du profond à méditer, avec des ouvrages de poésie ou de philosophie. La doctorante ne demande ni l’âge, ni le sexe de ses « cobayes » mais certains objets à l’effigie de la Reine des Neiges lui donnent une vague indication.​

​Au milieu des doudous et des photos de famille, il y a aussi des pépites. Cette pomme de terre par exemple, façon Matt Damon dans Seul sur Mars. Et ce préservatif enfin. Il pourrait bien faire gamberger les agences spatiales pour qui le sujet est pour l’instant tabou.