Procès AZF: La présence de Total sur le banc des prévenus tranchée plus tard

JUSTICE Au procès AZF, plusieurs parties civiles demandent que le groupe Total, maison mère de l’usine, soit aussi jugé. Mais la cour ne tranchera qu’à la fin des débats, en mai…

H.M. avec AFP

— 

Le logo de Total au siège social du géant pétrolier à La Défense, près de Paris, le 21 octobre 2014
Le logo de Total au siège social du géant pétrolier à La Défense, près de Paris, le 21 octobre 2014 — MARTIN BUREAU AFP

Depuis l’explosion de l’usine AZF, le 21 septembre 2001 à Toulouse, l’ombre de Total plane sur le dossier. Comme lors des deux procès précédents, seuls Serge Biechlin, l’ancien directeur de l’usine, et Grande Paroisse, la filiale du groupe pétrolier concernée, sont sur le banc des prévenus. Et comme lors des deux rounds précédents, plusieurs parties civiles ont demandé ce mercredi à la cour d’appel de Paris de juger aussi Total et son PDG de l’époque, Thierry Desmarest.​

>> A lire aussi : Pour la CGT, Total doit être sur le banc des prévenus

​« Société lointaine »

« On a jeté aux parties civiles, aux juges, à l’opinion, un leurre, un bout de chiffon que l’on a appelé Grande Paroisse », a plaidé Simon Cohen au nom de plusieurs parties civiles. « C’est Total qui se défend devant vous. Si enfin on pouvait en parler explicitement, ce serait un juste débat », a ajouté sa consœur, Stella Bisseuil.

>> A lire aussi : Quels sont les enjeux de ce troisième round judiciaire du procès AZF?

Jean Veil, l’avocat du pétrolier, estime de son côté que « le drame vécu par les victimes, qu’il n’est pas question de nier, les aveugle au regard de ce que les principes de droit doivent être ». Il a rappelé qu’en 2001 Total venait de racheter Elf, « dans lequel il y avait 2.000 ou 3.000 sociétés, dont l’une lointaine », Grande Paroisse. L’avocat général est du même avis. Il ne voit dans le dossier pas « d’éléments tangibles » permettant d’incriminer la multinationale.

La présidente de la Cour d’appel a décidé de « joindre l’incident au fond », autrement dit de trancher sur la demande citation directe de Total à la fin du procès. Elle a programmé un débat plus fourni sur le sujet pour le 27 avril.

Le procès qui a démarré le mardi 24 janvier doit s’achever le 24 mai. Quelque 2.700 victimes se sont portées parties civiles. L’explosion de l’usine AZF avait fait 31 morts, près de 8.000 blessés et dévasté le sud de Toulouse.