Futurs champions, bonbons au piment et DVD… Bienvenue aux Petits As de Tarbes, le Mondial des 12-14 ans

TENNIS Rendez-vous incontournable des espoirs du tennis mondial, le tournoi des Petits As de Tarbes, qui fête sa 35e édition, vaut aussi le détour pour ses coulisses...

Nicolas Stival
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Les Petits As de Tarbes, une institution qui fête ses 35 ans en 2017.
Les Petits As de Tarbes, une institution qui fête ses 35 ans en 2017. — N. Stival / 20 Minutes

Français, avec ou sans accent du Sud-Ouest, anglais, russe, japonais… Pendant dix jours, depuis 1983, le parc des expositions de Tarbes se mue en Tour de Babel où cohabitent cette année 43 nationalités. Juste le temps d’une compétition de tennis, les Petits As, véritable Mondial des 12-14 ans, où ont éclos, notamment, les Gasquet, Nadal et Hingis. « C’est un tournoi fantastique, du niveau d’une épreuve ATP, WTA ou d’un très bon Challenger », souligne Gerald Marzenell, l’un des entraîneurs de l’équipe d’Allemagne, qui revient pour la troisième fois.


« Le succès est venu lorsque des garçons et des filles qui ont gagné ici ou se sont retrouvés dans le dernier carré ont brillé dans les grands tournois, explique Jean-Claude Knaebel, le directeur et cofondateur de l’événement. Nous sommes parvenus à faire de cette compétition un passage obligé. » Avec sa femme et son beau-frère, ainsi qu’une vingtaine de bénévoles (ils sont aujourd’hui 180), le tout récent octogénaire a lancé cet événement qui, une fois l’an, met en lumière la préfecture des Hautes-Pyrénées et ses 48.000 habitants.

Avec un credo : une entrée toujours gratuite, que ce soit pour des matchs de qualification, des rencontres du premier tour, comme ce lundi, ou des finales, comme dimanche 29, où 3.000 personnes sont attendues. « On ne va pas demander à des gens de payer pour venir voir jouer des gosses ! »

Jean-Claude Knaebel, directeur et cofondateur des Petits As de Tarbes.
Jean-Claude Knaebel, directeur et cofondateur des Petits As de Tarbes. - N. Stival / 20 Minutes

De futurs champions, mais pas que. Cette année, les têtes de série numéro 1 sont le Danois Holger Vitus Nodskov et la Russe Oksana Selekhmeteva, tous deux nés en 2003. Même si les deux ados réussissent à confirmer leur statut, rien ne sera acquis pour la suite. « Neuf membres du Top 10 masculin et sept du Top 10 féminin sont passés par chez nous », s’enorgueillit Jean-Claude Knaebel. « On se demande si certains anciens vainqueurs jouent toujours au tennis », reconnaît-il toutefois. Tombeur en finale de l’édition 2001 d’un certain Andy Murray, le Russe Alexandre Krasnoroustki a ainsi plié les gaules à 21 ans à peine… Reste à savoir ce que va devenir le jeune Leo Borg, fils de l’icône suédoise, attraction incontestée de l’édition 2017.


Agents, académie de Nadal ou d’Hénin, ils sont tous là… Ils sont discrets, mais ils sont là. Les agents et sponsors viennent traquer la future perle des courts. L’organisation du tournoi les oblige à rencontrer les ados en présence de leur coach ou de leurs parents, jamais seuls. « Gasquet a été pris par IMG quand il a gagné en 1999, comme Kournikova par Adidas (1994) ou Nadal par Nike (2000) », précise Knaebel.

A côté des restos, des buvettes ou d’un stand de recrutement de l’armée de terre, trois académies viennent aussi faire leur marché : celles de Rafael Nadal et de Justine Hénin, mais aussi la nouvelle et ambitieuse Koza World of sports d’Istanbul en Turquie. Les plaquettes vantent un complexe monumental, garni notamment de 50 courts extérieurs et 23 indoor.


« On a déjà rencontré pas mal de parents et on va continuer », indique une hôtesse, pas mécontente de ses premiers pas en Bigorre. En revanche, une espèce de suiveurs semble en voie de disparition : les parents ingérables. Il y a quelques années, l’organisation avait refusé l’accès de la salle au père d’une joueuse, pour cause d’alcoolisation excessive.

Des DVD de matchs qui s’arrachent. Avec son budget de 950.000 euros, dont 55 % en provenance de fonds privés, le tournoi prend en charge l’hébergement et le transport sur place des différentes délégations nationales, jusqu’à l’élimination de leur ultime représentant. Mais il y a les faux frais. Ainsi, l’organisation facture une dizaine d’euros le DVD des matchs, captés par des caméras postées au-dessus des trois principaux courts. « Joueurs et entraîneurs les achètent après leur match, mais ils se procurent souvent aussi la vidéo de leurs futurs adversaires », sourit un fidèle des Petits As.

Thomas vend des bonbons aux Petits As de Tarbes.
Thomas vend des bonbons aux Petits As de Tarbes. - N. Stival / 20 Minutes

Des bonbons pour se consoler d’une défaite. Depuis 32 ans, un stand de confiseries trône sur le chemin des trois principaux courts. « C’est le plus fréquenté », s’amuse une habituée des lieux. Thomas, qui gère le stand depuis trois ans, confirme : « Les joueurs ont un régime alimentaire, même à leur âge. Mais s’ils ont perdu, ils viennent prendre des bonbons. » Les best-sellers ? Les éternels Dragibus, les « langues » et « ce qui est acide », indique le jeune homme, pas mécontent non plus des ventes des bonbons au piment ou des friandises en forme de balle de tennis, une nouveauté 2017. « On va être en rupture de stock », s’amuse-t-il.