Chercheurs et industriels trouvent une alternative locale aux huiles de palme

INNOVATION Un projet d’alternative à l'utilisation d’huile de palme dans certains produits alimentaires a été mis au point par deux industriels d’Occitanie, en partenariat avec un laboratoire du CNRS…

Beatrice Colin

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Huile de palme. Illustration
Huile de palme. Illustration — BERBAR HALIM/SIPA

On en trouve dans les pâtes chocolatées à tartiner, certains laits infantiles mais aussi dans des chips et des biscottes. L’huile de palme, issue du fruit d’un arbre tropical, est utilisée dans la préparation de nombreux aliments et a remplacé ces dernières années les graisses partiellement hydrogénées, décriées pour leurs valeurs nutritionnelles.

Son coût de production, moins cher, a aussi participé à son utilisation de plus en plus importante par les professionnels du monde agro-alimentaire.

Mais cette huile végétale est aussi pointée du doigt, notamment à cause de l’impact de sa production sur la déforestation.

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C’est l’une des raisons qui a poussé deux entreprises d’Occitanie, soutenus financièrement par le conseil régional, à se lancer il y a trois ans dans un projet innovant : Substipalm.

Attente du feu vert de l’Anses

En partenariat avec le laboratoire toulousain des interactions moléculaires et réactivité chimique et photochimique (CNRS-Université Toulouse III), le biscuitier Poult et la société gersoise Nataïs, spécialisée dans la production de pop-corn, ont mis au point un procédé à base d’huile de tournesol qui pourrait remplacer l’huile de palme dans certains produits.

Aujourd’hui, ils attendent le feu vert de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) pour l’utiliser.

« Dans certains biscuits nous pouvons faire sans huile de palme, mais quand il s’agit de biscuits fourrés, c’est très compliqué d’utiliser autre chose car elle a la particularité de résister aux variations de température tout en fondant dans la bouche à 37°C. On pourrait la remplacer par du karité ou de l’huile de coco, mais c’est aussi exotique et ça ne fait que reporter le problème de déforestation », indique Cécile Terrol, responsable recherche et développement au sein du groupe Poult qui produit les biscuits des marques de la grande distribution.

Production locale

Une problématique à laquelle le fabricant de pop-corn Nataïs était aussi confronté. « Pour nos produits micro-ondables, nous utilisons une huile de palme certifiée développement durable. Mais notre objectif est de passer à un approvisionnement local et donc sans huile de palme, ce qui est possible avec l’huile de tournesol », relève Michaël Ehmann, le président de Nataïs qui sort chaque année de ses lignes de production 15.000 tonnes de maïs micro-ondable.

Reste à savoir si les clients adhéreront à cette alternative qui sera plus coûteuse, mais aux valeurs nutritionnelles et environnementales bien plus porteuses. La société Nataïs est en tout cas prête à l’adopter dès 2018.