Les équipes du Cnes ont suivi en direct ce vendredi la première sortie de l'astronaute français Thomas Pesquet dans l'espace.
Les équipes du Cnes ont suivi en direct ce vendredi la première sortie de l'astronaute français Thomas Pesquet dans l'espace. — J. Rimbert

ESPACE

Toulouse: Les équipes du Cnes n'ont rien manqué de la sortie dans l'espace de Thomas Pesquet

Les équipes du Cnes de Toulouse ont suivi avec émotion la première sortie dans l'espace de l'astronaute français...

C'est une séance de bricolage un peu spéciale pour Thomas Pesquet. L'astronaute français, qui a rejoint la Station spatiale internationale (ISS) depuis deux mois, effectuait ce vendredi sa première sortie dans l'espace. Une sortie sous haute surveillance des équipes du Centre nationale d'études spatiales de Toulouse.

Outils accrochés au scaphandre

Il y avait de l'effervescence dans la salle du Centre d'aides au développement des activités en micropesanteur et des opérations spatiales (Cadmos) ce vendredi à 12h30 quand l'ancien élève de Supéaro est apparu dans son scaphandre pesant 200 kilos. Cette sortie a été réalisée en compagnie de l' Américain Shane Kimbrough, et avait pour but de moderniser le système d'alimentation électrique de la Station spatiale internationale.

Dans son armure de l'espace, Thomas Pesquet évoluait dans le vide absolu, arrimé à l'ISS par des sangles. Cette sortie est très codifiée avec un ordre précis des outils, accrochés à son scaphandre, que le Français doit utiliser pour changer les  douze vieilles batteries au nickel par six nouvelles batteries au lithium .

Concentration lors de cette sortie

Le Toulousain Philippe Perrin, dernier astronaute français à avoir effectué une telle sortie dans l'espace en 2002, était devant les écrans du Cadmos pour admirer la performance de son compatriote. « Thomas est très à l'aise et a une grande maitrise alors que c'est un effort physique important de sortir hors de l'ISS, souligne celui qui totalise 20 heures de sortie extravéhiculaire. Ce moment, c'est un rêve absolu pour lui où il évolue à 400km au-dessus de la Terre ».

Pour Jean Coisne, responsable de la communication des astronautes (ESA), « cette sortie est l'aboutissement dont il a rêvé. Il y a eu beaucoup d'émotion quand il est sorti mais il paraissait très concentré à sa tâche. Thomas est quelqu'un d'exceptionnel qui vit ici le rêve dans le rêve ».

Défi physique

Loin d'être une promenade de santé, cette sortie aura duré près de sept heures. Les deux astronautes ont vissé, dévissé les batteries à remplacer, ce qui constitue un défi sportif car le scaphandre pressurisé contraint les mouvements et engendre de la fatigue.

« L'effort physique est réel car il est difficile d'attraper la ligne de vie ou un outil avec les gants mais c'est pour cela que nos astronautes sont autant entraîné, assure Sébastien Barde, le responsable du Cadmos. Il faut aussi beaucoup de concentration pour effectuer ces petites travaux. Cette sortie dans l'espace de Thomas, c'est un peu un rêve par procuration pour nous ».