Toulouse: A trois kilomètres du Capitole, un squat insalubre accueille 400 personnes

SOCIAL Près de 400 personnes, dont de nombreuses familles, se sont installées dans des bâtiments du quartier des Arènes…

Béatrice Colin
Au sein du squat toulousain des Arènes où s'entassent près de 400 personnes.
Au sein du squat toulousain des Arènes où s'entassent près de 400 personnes. — B. Colin / 20 Minutes

Un plafond de fils électriques relie des bureaux reconvertis en logement de fortune. Au squat de l’impasse des Arènes, ni électricité, ni eau courante mais beaucoup de misère.

Alors, en attendant le retour de l’école de leurs deux enfants, Velichka et sont mari installent un poêle pour chauffer la pièce de moins de 10 m2 qui leur sert de maison. Celle qu’ils avaient avant a été détruite en octobre et ils ont atterri ici, faute d’avoir une réponse à leur demande de logement HLM.

Au sein du squat toulousain des Arènes où s'entassent près de 400 personnes.
Au sein du squat toulousain des Arènes où s'entassent près de 400 personnes. - B. Colin / 20 Minutes

Younes, un jeune Français occupe lui aussi «une chambre» avec son frère et cinq autres hommes. Venu d’Albi pour bosser dans une entreprise de surveillance, c’est le seul lieu que le jeune homme a trouvé il y a six mois. Et lorsqu’il s’y est installé, celui qui joue les traducteurs a «acheté» son logement à un autre occupant. Mais à l’époque il y avait de l’eau courante et l’électricité.

«Urgence humanitaire»

Aujourd’hui plus besoin de payer vu l’état d’insalubrité. Entre le froid et les conditions de vie, les tensions sont palpables entre les différents occupants parmi lesquels de nombreux enfants. 

Ils sont près de 400 personnes à s’entasser dans les anciens bâtiments de l’entreprise Cégelec, aujourd’hui propriétés de Natixis. La banque a obtenu fin 2015 l’évacuation des lieux. Sans que cela soit suivi des faits et de l’intervention de la police.

« Si ces personnes sont encore là c’est parce qu’il n’y a pas de solution ailleurs. La préfecture a décidé de ne plus évacuer sans étudier les droits des gens et c’est une bonne chose. Mais aujourd’hui nous sommes dans l’urgence humanitaire », relève Thomas Couderette du collectif d’entraide et d’innovation sociale (Cedis) qui a décidé d’alerter sur les problèmes sanitaires du squat, composé de Français, de Roms, d’Albanais ou encore de Russes.

Au sein du squa ttoulousain des Arènes où s'entassent près de 400 personnes.
Au sein du squa ttoulousain des Arènes où s'entassent près de 400 personnes. - B. Colin / 20 Minutes

Depuis plusieurs jours, l’eau était coupée et les ordures n’étaient plus ramassées. Mais la mairie a débloqué la situation en début de semaine et assurera la collecte dès lundi. Il devrait aussi y avoir du changement pour les occupants.

La préfecture de la Haute-Garonne travaille en effet à la réalisation « d’un diagnostic recensant la situation familiale, personnelle, sanitaire et juridique des personnes présentes pour préparer leur prise en charge » et devrait bientôt mandater une association pour le réaliser. Objectif des services de l’Etat : planifier l’évacuation « dans le respect du droit et de la dignité » comme ils l’ont fait l’an dernier pour deux campements et 85 squats.

Et sur le terrain cela se traduit par une baisse du nombre de personnes présentes dans les bidonvilles. «Ils étaient 1.500 en 2012, ils sont à peu près 900 aujourd’hui. Ce que nous espérons c’est que les solutions apportées à ce squat ne se feront pas au préjudice d’autres sites», plaide Thomas Couderet.