Deux étudiants toulousains missionnés pour détecter de l’eau sur Mars

ESPACE Deux étudiants de l’Insa Toulouse sont depuis le 31 décembre dans le désert de l’Utah, pour simuler en conditions (presque) réelles une mission sur Mars…

Béatrice Colin
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Les deux étudiants toulousains sont du 31 décembre 2016 au 15 janvier 2017 sur la station de recherche de la Mars Society, dans le désert de l'Utah.
Les deux étudiants toulousains sont du 31 décembre 2016 au 15 janvier 2017 sur la station de recherche de la Mars Society, dans le désert de l'Utah. — Mars Society

Pour le Nouvel An, comme l’astronaute Thomas Pesquet, ils ont eu droit à un repas lyophilisé. Et ils sont les seuls à pouvoir se targuer d’avoir fêté la Saint-Sylvestre sur une base martienne… enfin ce qui y ressemble le plus sur Terre.

Pierrick Loyers et Gwendal Hénaff, deux étudiants en génie physique de l’Insa Toulouse, ont intégré le 31 décembre dernier la station de recherche de la Mars Society, dans le désert américain de l’Utah, aux côtés de cinq autres scientifiques.



Pour fouler la surface similaire à celle de la Planète rouge durant quinze jours, l’équipe doit se plier au rythme martien, mettre 45 minutes pour enfiler un scaphandre ou encore se plier aux trois minutes réglementaires de dépressurisation après chaque sortie extra-véhiculaire. Et réduire son temps de connexion à Internet au strict minimum.

Mais le moment le plus cool de la journée pour eux, reste celui qui suit le déjeuner. Chaque jour, tous s’astreignent à une sieste d’une demi-heure pour tester le masque de stimulation élaboré par leur collègue italienne et qui permet de s’endormir plus vite.

Détecter de l’eau

Mais c’est loin d’être la seule mission des deux élèves de l’Insa Toulouse. « Nous allons évaluer les possibilités pour un astronaute sur Mars de détecter de l’eau souterraine à l’aide d’un radar à pénétration de sol. Ce radar est capable de détecter les interfaces entre les couches du sol qui ont des propriétés diélectriques différentes. Il nous a été prêté par l’entreprise américaine GSSI », explique Pierrick Loyers.

Si cela peut paraître simple au premier abord, une fois équipé d’un scaphandre, l’expérimentation devient moins évidente. « Et c’est tout l’intérêt d’une telle mission. Nous allons pouvoir identifier quels seront les points à améliorer sur de tels systèmes pour qu’ils puissent être utilisés par des astronautes sur Mars », poursuit le scientifique de 23 ans.

Sélectionné en février 2016, il a pu se préparer à cette aventure grâce aux bons conseils de Camille Gontier, un des six étudiants toulousains de Supaéro à avoir intégré la station de recherche de la Mars Society en février 2016.

Cartographie la surface de Mars en 3D

Persuadé que l’homme posera bien un jour les pieds sur Mars, l’équipe planche aussi sur les possibilités pour les astronautes d’effectuer une cartographie 3D à l’aide d’un système élaboré par les deux Toulousains.

« Ce système permet de relever automatiquement l’altitude d’un astronaute en fonction de sa position. Nous avons également élaboré un HUD (Head Up Display) qui affiche les informations concernant l’environnent de l’astronaute en direct au niveau de son œil droit grâce à une sorte de Google Glass, ce qui lui permet d’avoir accès à ces informations les mains libres », détaille Pierrick Loyers.



Alors qu’avec Gwendal, il s’évertue à améliorer les technologies à la disposition des futurs martiens, un de ses collègues américains s’escrime à faire pousser des salades et autres graines dans un « Green Hab ». Et promis, l’Américain en question n’est pas Matt Damon.