Toulouse: La justice ordonne la fermeture de l'école musulmane Al-Badr

SOCIETE Le tribunal correctionnel de Toulouse a ordonné la fermeture immédiate d’une l’école privée musulmane et condamné à six mois de prison avec sursis son directeur…

Beatrice Colin

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AbdelFattah Rahhaoui, le directeur de l'école musulmane Al-Badr, au Palais de justice de Toulouse le 17 novembre 2016 lors de son procès.
AbdelFattah Rahhaoui, le directeur de l'école musulmane Al-Badr, au Palais de justice de Toulouse le 17 novembre 2016 lors de son procès. — B. Colin / 20 Minutes

A la rentrée des vacances de Noël, l’école privée musulmane Al-Badr ne rouvrira pas ses portes dans le quartier toulousain de Bellefontaine. Jeudi, le tribunal correctionnel de Toulouse a en effet ordonné la fermeture immédiate de cet établissement hors contrat pour non-respect de l’enseignement du socle commun de l’Education nationale.

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Dans le viseur de l’inspection académique, son directeur, AbdelFattah Rahhaoui a aussi été condamné à de la prison avec sursis et interdit de diriger une établissement scolaire. Il a écopé de deux mois avec sursis pour des violences commises sur deux anciens élèves de l’établissement et pour la mise en place d’un collège clandestin, ainsi que de 4 mois de prison avec sursis pour ne pas avoir respecté l’instruction obligatoire malgré la mise en garde de l’Education nationale.

Ces peines sont assorties de 8.000 euros d’amendes et 1.100 euros de dommages et intérêts. AbdelFattah Rahhaoui a d’ores et déjà annoncé qu’il allait faire appel. Ce dernier avait déjà été condamné en 2010 pour avoir ouvert le collège Alif en 2005 sans accord préalable du rectorat.

Quant à l’association qui gère l’école de 85 élèves, elle a l’interdiction définitive d’ouvrir un nouvel établissement scolaire.

« Enquête partiale » selon la défense

Lors du procès l’inspection académique, qui a diligenté de nombreux contrôles au cours des deux dernières années, avait rappelé que « l’enseignement dispensé à l’école Al-Badr n’est conforme au Code de l’éducation », citant des cours d’histoire-géo « quasi inexistants dans les cahiers des élèves ».

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Des accusations dont AbdelFattah Rahhaoui s’était défendu, indiquant que « toutes les matières du socle commun » sont enseignées. Pour celui qui est aussi imam, dans ce procès « l’on veut nous faire croire que c’est une école sectaire. Les écoles confessionnelles sont en fait le premier rempart contre le fondamentalisme ».

Jeudi son avocat a déploré que l’enquête ait été « partielle et partiale ». « Pas un enfant n’a été audité par l’Education nationale pour connaître son niveau. Ont été auditionnées uniquement les personnes à charge », a insisté Maître Hidem Droua.