Toulouse: Voici pourquoi Frédéric Michalak est devenu le patron du club de Blagnac

RUGBY Depuis mercredi soir, Frédéric Michalak est officiellement l’actionnaire principal du club de Blagnac, en Fédérale 1 (troisième division)…

Nicolas Stival

— 

Frédéric Michalak lors de la présentation de son projet pour le club de rugby de Blagnac, le 14 décembre 2016.
Frédéric Michalak lors de la présentation de son projet pour le club de rugby de Blagnac, le 14 décembre 2016. — N. Stival / 20 Minutes

A 34 ans, Frédéric Michalak est toujours un joueur de Top 14. « Il me reste une saison à Lyon, et on verra après », indique l’ouvreur aux 77 sélections avec le XV de France. Mais depuis mercredi soir, le Toulousain de naissance et de cœur est aussi l’actionnaire majoritaire du Blagnac Rugby, lancé dans un plan d’au moins cinq ans baptisé « Cap 2022 ». S’il se veut discret sur les modalités financières de l’opération – « ça va rester confidentiel » –, Michalak se montre plus prolixe au moment d’expliquer pourquoi il est venu à la rescousse du club de Fédérale 1 (troisième division), en difficultés économiques.

>> A lire aussi : Toujours joueur, futur propriétaire... Frédéric Michalak va racheter le club de Blagnac

>> L’exemple de Tony Parker

Jusqu’à il y a encore quelques mois, Michalak ne songeait pas forcément à placer une partie de son argent personnel dans un club de rugby. L’inspiration est venue du basket… « Etant à Lyon, j’ai vu que Tony Parker, toujours en activité, avait investi à Villeurbanne. Je me suis dit que c’était bien de sa part. Et puis, cette opportunité s’est présentée. »

Déjà dans l’organigramme de Blagnac, son ami Benoît Trey (34 ans) devient le nouveau président du club aux 700 licenciés et 120 bénévoles. « Fred est un joueur atypique sur le terrain, sa reconversion allait l’être également », sourit ce dernier. Pour l’heure, il n’est pas question d’une ultime pige de Michalak sur la pelouse du stade Ernest-Argelès (5.000 places), une fois son contrat avec le LOU expiré.

>> Une histoire de famille et d’amitié

Frédéric Michalak n’a jamais joué à Blagnac. Mais des membres de sa famille ont porté le maillot rouge et bleu des « Caouecs ». « J’ai des attaches fortes avec ce club, indique l’ex-international. Et j’ai grandi tout près d’ici, dans la cité Ancely [à Toulouse]. » « Je ne suis pas un mécène, j’aime le rugby et je sais d’où je viens, poursuit-il. C’est le meilleur service que je pouvais donner au club, en participant financièrement et en amenant ma propre expérience. »

Même s’il est moins en vue sportivement qu’à sa grande époque toulousaine, ou même qu’à Toulon, son image reste prisée des annonceurs. Pas inutile lorsqu’il s’agit d’aller chercher des partenaires pour monter un budget.

>> La présence de son idole

Il a gagné de nombreux titres avec le Stade Toulousain, a été l’ouvreur de l’équipe de France et son talent a fait lever les foules. Dans les années 1990, Christophe Deylaud était en quelque sorte le précurseur de Michalak. Et son « idole », assure ce dernier, qui évoluait dans les formations de jeunes du Stade lorsque Deylaud brillait en équipe une.

Christophe Deylaud, manager du Blagnac rugby, au côté de Frédéric Michalak, nouvel actionnaire majoritaire du club, le 14 décembre 2016.
Christophe Deylaud, manager du Blagnac rugby, au côté de Frédéric Michalak, nouvel actionnaire majoritaire du club, le 14 décembre 2016. - N. Stival / 20 Minutes

Formé à Blagnac, le technicien de 54 ans a retrouvé le club de ses débuts en 2015. Il va désormais prendre du galon pour devenir directeur sportif. Avec des ambitions certaines mais somme toute raisonnables : placer l’équipe première masculine en « ProD3 » (le troisième échelon professionnel, en gestation) à l’horizon 2018-2019 et décrocher, dès cette saison ou la prochaine, le titre de champion de France avec l’équipe féminine (Bsorf) qui joue déjà les premiers rôles dans le Top 8.

>> Il veut aider la formation française, en partenariat avec le Stade Toulousain et Colomiers

Même en Fédérale 1, voire dans les divisions inférieures, les piliers sont souvent géorgiens, les ailiers fidjiens, comme en Top 14 ou Pro D2. Pas l’idéal pour le développement des jeunes Français et donc, à l’autre bout de l’échelle, pour la sélection toujours dirigée par Guy Novès. Deylaud prévient : « On évitera de parler anglais dans ce club, c’est clair ».

Le président Benoît Trey vient au relais. « Nous voulons qu’en 2020, 90 % de l’équipe une soit constituée de joueurs formés au club. » « On respecte la hiérarchie du grand Toulouse, assure Trey. Il y a le Stade Toulousain en Top 14, Colomiers en Pro D2 et nous visons la Pro D3. Nous imaginons des passerelles avec les différents clubs que l’on vient de citer. » Des joueurs à aguerrir appartenant aux deux grands voisins, ou bien trop justes pour évoluer au plus haut niveau, pourraient faire le bonheur de Blagnac.

>> Il n’a pas oublié d’où il vient

« Je sais d’où je viens » : Michalak a grandi dans une cité, et son projet contient un volet social, à côté du sportif et de l’économique. « Nous voulons appuyer les actions déjà menées par la ville de Blagnac, assure Benoît Trey. Nous allons faire des démarches dans les quartiers dits sensibles, notamment du soutien scolaire avec des bénévoles. Nous voulons aussi favoriser les liens intergénérationnels, entre l’école de rugby et les aînés de la ville. »