Stade Toulousain: Pourquoi ces pauvres «Zebre» italiens sont la pire équipe de la Champions Cup

RUGBY Le Stade Toulousain doit battre deux fois les « Zebre » de Parme pour survivre en Coupe d’Europe. Une tâche largement dans les cordes des Rouge et Noir…

Nicolas Stival

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Les "Zebre" de Parme encaissent un essai de Joe Launchbury lors de leur débâcle à Coventry face aux Wasps (82-14), le 15 octobre 2016.
Les "Zebre" de Parme encaissent un essai de Joe Launchbury lors de leur débâcle à Coventry face aux Wasps (82-14), le 15 octobre 2016. — Seconds Left/Shuttersto/SIPA

Dix points sur dix, soit deux victoires bonifiées. C’est l’objectif du Stade Toulousain avant sa double confrontation face aux « Zebre » de Parme, samedi en Italie puis une semaine plus tard à Ernest-Wallon. C’est même une condition sine qua non pour continuer à croire à une qualification en quart de finale de Champions Cup, après des débuts très laborieux : défaite au Connacht (23-21), puis nul à domicile face aux Wasps (20-20).

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Pas d’inquiétude démesurée : ces « Zebre » ont de bonnes têtes de victimes. « C’est une équipe qui a pris pas mal de points lors des deux premières journées », glisse le troisième ligne François Cros. Doux euphémisme, lorsqu’on constate leurs énormes difficultés au plus haut niveau européen.

« J’entends dire que c’est la formation la plus faible de la poule, c’est sûrement le cas, ajoute l’entraîneur Jean-Baptiste Elissalde. Mais on a vu pas le passé que nous avions du mal à nous mobiliser face à ce genre d’équipes. » Apparus en 2012, sur les cendres des Aironi (Hérons en VF) de Viadana, les « Zebre » de Parme galèrent depuis leur naissance sous l’égide de la Fédération italienne, qui a cédé 74 % de ses parts à des investisseurs parmesans en 2015.

Intégrés d’entrée dans le Pro 12 (ex-Ligue celte), ils ont fini derniers de la compétition lors de leurs trois premières participations, puis avant-derniers en 2015-16, derrière les Irlandais, Gallois et Ecossais mais juste devant le Benetton Trévise, l’autre franchise transalpine. Cette saison, ils n’ont gagné qu’un match sur huit dans cette épreuve, le 28 octobre à Edimbourg (14-19)

« Il y a tout de même beaucoup d’éléments qui ont côtoyé le haut niveau et ils ont un troisième ligne sud-africain avec d’énormes qualités (Derick Minie) », note Elissalde. Cet été, les « Zebre » ont laissé partir leurs stars du sud sur le retour (l’ex-All Black Muliaina, l’ancien Wallaby Burgess, passé par Toulouse) et affichent une ossature très italienne.

Six de ses joueurs ont participé à l’exploit des Azzurri face à l’Afrique du Sud (20-18), le 19 novembre (Padovani, Bisegni, Venditti, Canna, Van Schalkwyk, Biagi). Méfiance donc, malgré tout. « Si on y va la fleur au fusil, on se trompe de combat », avertit François Cros. « Il y a quelques années, ils nous avaient accrochés chez eux, rappelle Elissalde. Ils savent que c’est possible. »

Lors de la saison 2013-14, le Stade Toulousain avait battu deux fois les « Zebre », 38-5 au Wallon (avec bonus offensif) puis 6-16 à Parme (sans bonus). Ce petit point laissé en Italie l’avait obligé à jouer son quart de finale à l’extérieur, chez les Irlandais du Munster (47-23). Depuis, les Rouge et Noir ne sont plus sortis des poules de la Champions Cup…