Toulouse: Des chercheurs veulent utiliser des vaisseaux sanguins contre le cancer

SCIENCES Les travaux d’un chercheur toulousain sur la relation entre le développement des cancers et certains vaisseaux sanguins viennent d’être récompensés…

Béatrice Colin
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Les vaisseaux sanguins HEV.
Les vaisseaux sanguins HEV. — J.-P. Girard/Univ. Toulouse/IPBS/CNRS

Ils sont reconnaissables à leur forme arrondie. Il y a quelques années, des chercheurs toulousains de l’Institut de pharmacologie et de biologie structurale (CNRS-Université Paul-Sabatier) découvraient dans les tumeurs du sein et des mélanomes la présence de vaisseaux sanguins particuliers appelés HEV.

Ces autoroutes du sang ont la spécificité de faciliter l’accès vers les cellules cancéreuses de certains globules blancs. Appelés lymphocytes T (tueurs), ils patrouillent dans notre sang pour nous protéger et détruire les cellules cancéreuses lorsqu’ils en détectent.

Mécanisme de fabrication

« Et plus il y a de vaisseaux sanguins HEV dans la tumeur, plus ils font rentrer des lymphocytes. Contrairement aux vaisseaux sanguins normaux qui sont, eux, sources de mauvais diagnostic et dont on bloque le développement avec un traitement », indique Jean-Philippe Girard, directeur de l’IPBS qui a reçu lundi un prix de la Fondation pour la recherche médicale pour l’ensemble de ses travaux sur ce sujet.

Ses équipes planchent désormais sur leur mécanisme de fabrication, mais aussi sur le rôle qu’ils peuvent jouer dans d’autres pathologies.

« S’ils sont bénéfiques dans un cancer, les vaisseaux sanguins HEV ont un rôle néfaste dans les maladies inflammatoires, comme la polyarthrite, ou les greffes. On voudrait donc savoir désormais comment les bloquer ou les activer », poursuit Jean-Philippe Girard qui travaille sur le sujet avec des membres de l’Institut Claudius-Régaud.

Mardi, il fêtait les 20 ans de l’IPBS, dont de nombreux travaux de recherche font référence, notamment sur la tuberculose.