Toulouse: Voyager en métro est moins nocif pour la santé que prendre le bus ou la voiture

QUALITÉ DE L'AIR Une étude de l’Observatoire de l’air dresse un classement des modes de déplacements les plus exposés à la pollution…

Beatrice Colin

— 

Illustration de tram et vélos dans les rues de Toulouse, le 24 novembre 2010.
Illustration de tram et vélos dans les rues de Toulouse, le 24 novembre 2010. — FRED SCHEIBER/20 MINUTES

Coincés dans les embouteillages du matin sur le périphérique toulousain, les automobilistes sont loin d’être à l’abri au chaud dans leur habitacle. Sans le savoir, ils respirent près de cinq fois plus de dioxyde d’azote qu’un usager de la ligne A qui se rend au boulot. Par contre, ce dernier, en prenant sa rame de métro respirera environ quatre fois plus de PM10, ces poussières se déposant sur les poumons, qu’un usager du tramway.

>> A lire aussi : L'air aussi pollué à Toulouse qu'au fin fond du Gers

C’est l’un des constats dressés par l’étude sur « la qualité de l’air dans les déplacements quotidiens » réalisée par l’Observatoire régional de l’air (ORAMIP).

Equipés de capteurs, ses agents ont emprunté les transports en commun, roulé en voiture et sillonné à pied et à vélo les rues de la grande agglomération toulousaine aux heures où le trafic est le plus intense.

Les particules du métro

Grâce aux 15.000 mesures réalisées, l’Observatoire a établi un classement de l’exposition aux polluants selon le mode de transport utilisé. Comme en 2008, l’automobiliste est le plus exposé, même si les filtres à particules ont réduit l’impact des PM10. Ils sont suivis par les usagers des bus, du TER, les cyclistes, les piétons, les voyageurs du tram et les moins exposés restent ceux du métro.

>> A lire aussi : Toulouse: Le trafic automobile pompe le bon air de la Ville rose

A un bémol près pour le métro. C’est dans les rames que l’exposition aux PM10 est la plus importante, même si elle reste en dessous des normes réglementaires. Issues du freinage des VAL, elles sont toutefois en baisse par rapport à 2008, grâce à une amélioration de la ventilation dans les stations.

Pour tenter de donner des pistes aux usagers et les aider à respirer un air moins pollué, l’Observatoire a testé deux trajets réalisés à pied et à vélo entre Saint-Michel et Compans-Caffarelli.

Comparaison de l'exposition au dioxyde d'azote et aux PM10 selon deux modes de transports et deux trajets.
Comparaison de l'exposition au dioxyde d'azote et aux PM10 selon deux modes de transports et deux trajets. - ORAMIP

« Il y a une différence importante si l’on emprunte l’hypercentre ou les boulevards urbains (Carnot-Strasbourg-Arcole) où il y a plus de circulation et donc des sources de polluants. Il y a donc des itinéraires qui permettent de réduire l’exposition moyenne du cycliste et du piéton au dioxyde de carbone de l’ordre de 40 % », relève Dominique Tilak, la directrice de l’Oramip. D’où l’intérêt d’avoir des pistes cyclables déconnectées de la circulation.

Pollués pollueurs

Mais l’étude ne se limite pas à mesurer ce que les Toulousains respirent, elle dresse aussi un tableau de ce qu’ils émettent. Les champions toutes catégories restent les conducteurs de voitures au diesel qui polluent 8,5 fois plus en oxydes d’azote (NOx) que ceux utilisant une essence ou prenant les bus.

Sans surprise, les piétons et les utilisateurs de deux-roues n’émettent rien si ce n’est de la transpiration. Mais c’est aussi le cas des usagers du tram et du métro pour les NOx, ainsi que des TER s’ils sont électriques. Car ceux roulant au diesel restent une source de pollution. Ils représentent 46 % du trafic ferroviaire régional.