Primaire à droite: A Toulouse, les électeurs de gauche n'ont pas déserté le scrutin

POLITIQUE La primaire de la droite continue à attirer les électeurs ce dimanche, de tous bords…

Beatrice Colin

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Illustration second tour de la primaire de la droite et du centre dans un bureau toulousain, le 27 novembre 2016
Illustration second tour de la primaire de la droite et du centre dans un bureau toulousain, le 27 novembre 2016 — B. Colin / 20 Minutes

Les queues ont disparu dans les bureaux de vote toulousains pour ce second tour de la primaire de la droite et du centre. Ce n’est pas que les électeurs soient moins nombreux, mais ils sont désormais mieux rodés et savent où ils doivent se rendre pour voter.

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A l’instar de la tendance départementale, qui enregistre une hausse de plus de 10 % du nombre de votants à midi, dans certains bureaux, ils sont beaucoup plus nombreux à avoir émargé que dimanche dernier.

Fillon en tête du premier tour

Comme celui tenu à l’Espace Duranti par l’adjoint au maire, Daniel Rougé. « A midi, nous comptabilisions 229 votes contre 174 à la même heure la semaine dernière sur un total de 5.066 inscrits. Il y en a quelques-uns qui n’avaient pas voté la semaine dernière », indique l’élu.

Qui, contrairement à la semaine dernière, n’a pas eu à se réalimenter en urgence de bulletins Fillon. Le député de Paris avait obtenu 41,2 % des suffrages dimanche dernier en Haute-Garonne, contre 31,7 % pour Alain Juppé et 20,5 % seulement en faveur de Nicolas Sarkozy.

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Un anti-sarkozysme indéniable sur une terre de gauche. « Beaucoup ont voté contre lui la semaine dernière, c’est vrai. Personnellement, j’ai voté Juppé aux deux tours car je considère qu’au sein de la droite c’est celui qui se rapproche le plus de mes idées, même si je n’ai pas de mépris pour Fillon », assure Martin, un étudiant.

Si les électeurs sont bien là, « on n’a pas vu non plus ceux qui payaient les deux euros en pièce d’un centime », assure une des militantes, aux manettes pour faire signer ceux qui se sont déplacés à la Maison de la Citoyenneté. « Je n’ai pas revu non plus certaines personnes que je sais de gauche », poursuit la présidente d’un autre bureau du centre-ville. Mais ils n’ont pas déserté non plus.

« Choisir le moins pire » pour un électeur de gauche

Comme la semaine dernière, David, un jeune salarié, est venu glisser son bulletin Juppé dans l’urne, pour la deuxième fois en moins d’une semaine.

« Je suis plutôt à gauche et clairement, j’ai envie d’avoir le moins pire au second tour de la Présidentielle. On offre la possibilité aux électeurs de choisir, il faut la saisir, surtout si cela peut m’éviter qu’on revienne sur les 35 heures ou qu’on remette en cause certaines choses comme le système de santé », fait-il valoir. Et d’ajouter qu’il a « de la famille à Bordeaux et on peut voir ce que Juppé y a fait ».

Jean-Baptiste est dans le même état d’esprit. Ce « militant de gauche » avait déjà voté lors de la primaire écolo et compte bien le faire lors de la primaire de la gauche. « On me demande mon avis je le donne, et pour moi c’est Juppé le moins pire », insiste l’étudiant. Mais, malgré la justification de son inscription sur les listes, ce dernier n’a pas pu glisser son bulletin dans l’urne.