Un bureau de vote du centre-ville de Toulouse, le 20 novembre 2016, lors du premier tour de la primaire de la droite et du centre.
Un bureau de vote du centre-ville de Toulouse, le 20 novembre 2016, lors du premier tour de la primaire de la droite et du centre. — H. Menal - 20 Minutes

REPORTAGE

Primaire à droite: «Je n’ai pas envie qu’on se retrouve devant un non-choix»

A Toulouse, où les votants sont plus nombreux que prévu pour la primaire de la droite et du centre, la plupart jouent au billard à plusieurs bandes…

La queue dans l’escalier, la queue près de l’ascenseur pour les déambulateurs, la queue dans le couloir et devant les isoloirs. Il est 12 h 30 à l’hôtel Duranti de Toulouse, un beau bâtiment municipal du centre-ville, qui abrite quatre bureaux de vote, et il ne faut pas être pressé pour glisser son bulletin.

« Nous avons déjà 193 votants, sur une liste de 5 000 potentiels. Dans une ville de gauche comme Toulouse, ça augure d’une bonne participation au plan national », s’enthousiasme un assesseur du bureau n° 4.

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Juppé, mais pas par adhésion

Et si Alain et Corinne, qui se définissent « plutôt du centre », ont patienté, c’est pour barrer la route à Nicolas Sarkozy. « Le personnage ne me plaît pas et je n’ai pas envie qu’on se retrouve devant un non-choix au deuxième tour de la présidentielle. Alors j’ai voté Juppé », dit Corinne. « Moi aussi, assure Alain. Pour peser sur l’issue finale, il est plus important d’être ici aujourd’hui que de voter en avril prochain ».

David* a voté comme eux. Il est pourtant de gauche. Et il assume d’être là. « Parce qu’après ce qui s’est passé avec Trump, confie-t-il, je fais des cauchemars en l’imaginant dans une réunion du conseil de sécurité de l’ONU avec Marine Le Pen et le président chinois… ». Pour lui, le meilleur rempart, c’est Juppé.

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A deux rues de l’hôtel Duranti, la Maison de la citoyenneté connaît un jour faste. Une septuagénaire vient d’attendre 1 h 15 pour voter. Elle est « militante et légitimiste » mais discrète. Donc, elle refuse de dire qu’elle a opté pour Nicolas Sarkozy. En même temps qu’elle, une dizaine de personnes quittent le bâtiment. Ils viennent d’entendre que l’attente est d’1 h 30 et ils renoncent. « Tant pis pour eux, ça leur servira de leçon pour le deuxième tour », lance un mécontent.

Affluence à l'hôtel Duranti de Toulouse qui abrite 4 bureaux de vote pour la Primaire de la droite et du centre.
Affluence à l'hôtel Duranti de Toulouse qui abrite 4 bureaux de vote pour la Primaire de la droite et du centre. - H. Menal - 20 Minutes

Fillon en attendant… Macron

Michel, lui, a décidé de « revenir plus tard ». Ce sympathisant toulousain décontracté donnerait le tournis à n’importe quel sondeur. Il trouve « Sarkozy trop clivant » et « Juppé trop vieux ». Il va donc donner sa voix à Fillon, en partie parce qu’il l’a trouvé « convainquant dans les débats ». Jusque-là, c’est logique. Mais, attention, si Emmanuel Macron réunit les 500 signatures, c’est pour lui que Michel votera à la présidentielle. Françoise, son amie, est de gauche. Et, pour ne pas faire de la figuration, elle va glisser un bulletin « NKM ». « Je soutiens toujours les femmes », glisse-t-elle.

* Le prénom a été changé