TFC: Pour Pascal Dupraz, « c’est mieux de déranger que de susciter l’indifférence »

FOOTBALL Pascal Dupraz balaie l’actualité du TFC, depuis les ambitions d’un club miraculé au printemps jusqu’à la gestion de sa notoriété dans les rues de la Ville rose…

Nicolas Stival

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L'entraîneur du TFC Pascal Dupraz lors du match de Ligue 1 à Caen, le 1er octobre 2016.
L'entraîneur du TFC Pascal Dupraz lors du match de Ligue 1 à Caen, le 1er octobre 2016. — Ch. Triballeau / AFP

Pendant que les Bleus de Didier Deschamps se préparent à accueillir vendredi la Suède des Toulousains Toivonen et Durmaz, les clubs de Ligue 1 s’entraînent dans un anonymat certain. L’occasion de discuter avec Pascal Dupraz, mercredi en fin d’après-midi au centre technique du Stadium.

L’entraîneur du TFC, sixième de L1 après douze journées, a déjà la tête tournée vers la réception de Metz, le 19 novembre. Le Haut-Savoyard de 54 ans sait l’importance de ce match pour la dynamique de son équipe, qui reste sur trois matchs de championnat sans succès (deux nuls, une défaite).

>> Metz, un virage ?

« Le prochain match sera déterminant, ce sera sans doute le plus délicat. Il me fait penser à la rencontre contre Troyes (1-0, le 7 mai 2016). Il peut nous faire revenir vers des zones du classement encore plus élevées. Cela va être difficile, mais il faut renouer avec le succès. Personne ne nous donnera de points. On va appréhender les rencontres de la même manière. A domicile, il faut rester souverain, avoir cette propension à étouffer l’adversaire. Et si celui-ci abandonne le jeu, on saura s’en accommoder. »

>> Objectif finale pour fêter les 80 ans du club en 2017

« Je l’ai dit à Olivier Sadran [le président du TFC] en fin de saison dernière : je nous fixe des objectifs durs à atteindre. Quand j’affirme que j’aimerais être l’entraîneur qui conduit ses troupes au Stade de France ou au Parc OL [pour les finales de la Coupe de France ou de la Ligue], je ne suis pas le seul. Mais je le dis. Et le meilleur moyen, c’est de concerner tout le monde. »

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>> Et en championnat ?

« Ça dépendra du nombre de points que nous aurons à la trêve. J’aimerais qu’on arrive à 22 points très vite [le TFC en a déjà 19]. C’était le total de l’équipe après 28 journées la saison dernière [lorsqu’il a repris l’équipe]. Nous avons déjà rencontré toutes les équipes du haut de tableau à part Nice. Quelles sont celles qui nous ont vraiment damé le pion ? Depuis mars, nous avons disputé 22 matchs et obtenu 37 points. Cette équipe a été performante sur un peu plus d’une demi-saison. Pourquoi ne le serait-elle pas encore sur à peu près la même période ? Il faut que chacun partage cette foi. »

>> L’importance du vivre ensemble

« Les joueurs sont tous, sans exception, dans l’état d’esprit qui doit être le leur après ce sauvetage épique. J’insiste beaucoup sur le bien vivre ensemble. Cela me semble important pour que le week-end, on fasse les efforts les uns pour les autres et les uns avec les autres. Il faut être à l’unisson. Les garçons sont aussi fiers de voir qu’ils suscitent l’intérêt des supporters, et parfois leur respect et leur admiration. J’ai du plaisir à être avec eux, et avec mes très, très bons adjoints. »

>> Tout mais pas l’indifférence (non, ce n’est pas du Goldman)

« Nous sommes dans une forme de sérénité. C’est très bien d’être compétitif à l’extérieur comme à domicile avant l’accroc contre Lyon [1-2, le 29 octobre]. Mais il faut vouloir plus. On peut être ambitieux sans être présomptueux. Il faut chercher à s’améliorer tout le temps, à repousser ses limites, n’avoir peur de personne et respecter tout le monde. Ce doit être difficile pour l’adversaire de rencontrer le TFC. Il faut susciter la crainte. J’ai lu dernièrement qu’on dérangeait la Ligue 1. C’est mieux de déranger que de susciter l’indifférence. »

>> La notoriété, sans les mauvais côtés

« Est-ce que l’on m’accoste dans la rue ? Oui, mais les gens ne sont pas intrusifs. Ils sont respectueux. Je suis facile d’accès. Je ne me prends pas la tête. J’ai déjà été anonyme, je retournerai dans l’anonymat et je n’en ferai pas une dépression. Cela me donne confiance aussi, et l’envie de poursuivre ce que nous faisons. La confiance des présidents [Sadran et Jean-François Soucasse, le vice-président] me permet également d’être serein. On scande mon nom au Stadium. Les gens sont sympas avec moi. Pour l’instant, c’est une belle histoire depuis le mois de mars. Pourvu que ça ne s’arrête pas. »