Déjà 3 millions d'euros récoltés pour replanter les arbres du Canal du Midi, et c'est pas fini

BIODIVERSITE Pour financer l’abattage des platanes victimes du chancre coloré et la sauvegarde du Canal du Midi, les actions de mécénat se poursuivent…

Béatrice Colin

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Toulouse, le 23 avril 2013. Les platanes bordent le long du canal du midi. Ici près de Ramonville.
Toulouse, le 23 avril 2013. Les platanes bordent le long du canal du midi. Ici près de Ramonville. — FRED SCHEIBER

En 2006, le premier foyer de chancre coloré était détecté sur les platanes du Canal du Midi. Dix ans après, ce champignon s’est propagé au fil des 270 km de berges et a touché de nombreux arbres.

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Si un vaccin développé par le Centre d’expertise en techniques environnementales et végétales (Cetev) va être testé au cours des trois prochaines années sur des centaines d’arbres sains ou en tout début de maladie, la campagne d’abattage pour évincer le chancre se poursuit malgré une opposition de certains élus et riverains. Sur les 42.000 platanes, 15.400 ont été coupés ces dernières années et 4.000 arbres d’essences variées ont été replantés.

Plus de 3 millions de dons en trois ans

Ce processus pour préserver l’alignement des berges, classé au Patrimoine mondial de l’Unesco, devrait coûter à 220 millions d’euros. Pour le financer, le gestionnaire du site, Voies navigables de France, a lancé il y a trois ans une vaste campagne de mécénat.

Plus de 3 millions d’euros ont déjà été collectés, dont un tiers auprès de 6.800 particuliers, mais aussi via une course pédestre. Mais le gros de ces dons émane des entreprises, fédérées au sein d’un club de mécènes. Pour continuer à les mobiliser, VNF organise le 8 décembre un dîner de charité aux portes de Toulouse.

« Ce gala est un moyen de clôturer l’année anniversaire marquée par les 350 ans de l’Edit royal ordonnant la construction du Canal, mais aussi les 20 ans de son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco », explique Laurent Adnet, chargé du mécénat à VNF.

Cette opération où les sociétés pourront « acheter » des tables pour 2.000 euros, « c’est aussi un moyen d’attirer d’autres sociétés qui ne connaîtraient pas ce projet de mécénat environnemental, le plus important de France. Aujourd’hui, 65 entreprises sont membres du club, comme HSBC et Airbus, mais aussi des petites PME implantées entre Toulouse et Montpellier et attachées au Canal », poursuit le porte-parole qui peut déjà compter pour l’an prochain sur 1,5 million d’euros de promesses de don.

Il espère étendre le mouvement et toucher désormais les étrangers, amoureux du cours d’eau créé par Pierre-Paul Riquet.