Toulouse: La crypte des Poilus exhume pour quelques jours les souvenirs des tranchées

CIMETIERE A l’occasion de la Toussaint, la mairie de Toulouse ouvre aux visiteurs la crypte des Poilus du cimetière Salonique…

Thanina Abdoun
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La crypte des Poilus au cimetière toulousain de Salonique.
La crypte des Poilus au cimetière toulousain de Salonique. — T. Abdoun

« Ça fait bizarre de voir ceux qui ont fait la guerre pour nous ». Voilà la première impression de Louis, 10 ans, venu visiter pour la première fois la crypte des Poilus du cimetière toulousain de Salonique.

Habituellement scellé par une plaque de marbre, ce site - ne renfermant pas moins de 1.706 cercueils - a été ouvert par la mairie à l’occasion de la Toussaint.

Sous le Monument aux morts

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, à une période où il y avait de moins en moins de place à Salonique ou Terre-Cabade, sa création a été décidée pour « faire de la place aux civils toulousains », explique Gesse Hubert, actuel conservateur du cimetière.

Sur les petites boîtes de 60 cm de long qui remplissent les couloirs de cette salle, sont inscrits les noms de ceux qui ont perdu la vie durant les deux guerres avec l’inscription « mort pour la France » pour ceux qui ont été tués au front, ou « décédé » pour ceux qui ont succombé plus tard à leurs blessures. Des soldats français pour la plupart, mais aussi issus des colonies françaises de l’époque.

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Les 200 mètres carrés de cette salle souterraine abritent donc au total les corps de 903 Français, 289 Indochinois et 514 musulmans, initialement enterrés dans le carré militaire du cimetière et exhumés dans les années cinquante.

C’est dans ces vétustes couloirs, situés sous le Monument aux morts du cimetière Salonique, que petits et grands ont la chance de découvrir les nombreux cercueils soigneusement entreposés sur les étagères ainsi que les nombreux secrets enfermés là depuis plus d’un demi-siècle, et ouverts au public pour la deuxième année consécutive.


« Ce n’est pas qu’un lieu de recueillement, mais aussi un lieu de retrouvailles »


Pour découvrir la crypte, certains sont venus en famille comme Stéphanie et Martial, deux Toulousains accompagnés de leurs deux enfants pour « leur faire découvrir l’histoire et leur faire prendre conscience qu’il y a des gens qui se sont battus pour nous » explique la maman. Son fils Jules, âgé de 10 ans, est quant à lui bien content d’être là car il « apprend pour l’histoire mais aussi pour l’école ».

Lors de la visite de la crypte des Poilus au cimetière toulousain de Salonique.
Lors de la visite de la crypte des Poilus au cimetière toulousain de Salonique. - T. Abdoun

Visites jusqu’au 3 novembre

D’autres ont l’espoir de retrouver le cercueil d’un parent. C’est ce cas de Marie-Françoise Guillemin qui s’est spécialement déplacée de la région parisienne pour découvrir la crypte, et retrouver son grand-père, un soldat blessé durant la Première Guerre mondiale. Transféré à Toulouse pour se faire soigner, son aïeul est décédé en 1915 à la suite de ses blessures.

C’est dans l’un des nombreux couloirs qu’elle est tombée sur son cercueil, avec pour seule inscription : « Laine Alfred, mort pour la France ». « C’est impressionnant, je l’ai retrouvé, je savais qu’il était là mais je ne savais pas où », raconte-t-elle.

Pour Gesse Hubert, cette crypte « n’est pas qu’un lieu de recueillement : c’est aussi un lieu de retrouvailles ». L’année dernière déjà, elle avait attisé la curiosité de 400 personnes, mais n’avait été ouverte au public qu’une seule journée.

Nul doute que l’engouement sera le même cette année, alors il faut se dépêcher car elle n’est ouverte que jusqu’au jeudi 3 novembre pour faire le plein d’histoire. Les réservations se font par téléphone au 05.61.22.22.76.