Pyrénées: Une mine de tungstène controversée refait surface dans l'Ariège

ENVIRONNEMENT Le ministère de l’Industrie vient d’accorder un permis d'« exploration » pour la mine de tungstène de Couflens, un petit village du Couserans ariégeois dont la population est hostile au projet…

H.M. avec AFP

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Le petit village de Couflens compte moins de d'une centaine d'habitants.
Le petit village de Couflens compte moins de d'une centaine d'habitants. — Google Maps

La mine de tungstène du tout petit village de Couflens, dans les Pyrénées ariégeoises, a fermé en 1986 après 15 ans d’exploitation. Mais l’hypothèse d’une réouverture, redoutée par les habitants, vient d’être confortée.  Le ministère de l’Industrie vient en effet d’octroyer à la société Variscan Mines, à capitaux australiens, « un permis exclusif de recherches » d’une durée de cinq ans.

Des inquiets et des enthousiastes

Ce dernier ne permet pas à l’exploitant de rouvrir directement la mine mais c’est un pas vers ce scénario. « Si cette phase d’exploration met en évidence un gisement exploitable, l’entreprise devra solliciter une demande d’exploitation minière qui est soumise à consultation du public et étude d’impact environnemental », précise le ministère dans son communiqué. Variscan Mines devra prioritairement mener des études sur la présence d’amiante dans la mine désaffectée.

« Tout le monde sait qu’il y a de l’amiante » sur le site assure Henri Richl, le maire de la commune, qui ne décolère pas contre ce projet qui « ne tient pas debout ». Il fait partie de l’association d’opposants Couflens-Salau-Demain dont la pétition contre la réouverture de la mine a réuni près de 6.000 signatures.

Mais d’autres sont charmés par les perspectives économiques pour cette vallée encaissée au beau milieu des Pyrénées. Selon Fabrice Bousquet, le secrétaire de l’association «Pour le projet d’étude et de recherche de la mine de Salau » (PPERMS), les investigations vont créer « 40 à 45 emplois », dont « 20 directs ».

Matière première stratégique

Le ministère souligne quant à lui le rang « stratégique » du tungstène dont la Chine détient 80 % de la production mondiale. Variscan Mines affirme enfin qu’elle espère trouver au cœur des Pyrénées « le premier ou le deuxième gisement mondial » avec « au moins 30 ans d’exploitation ».