Toulouse: Le bar «hype» La Centrale rouvrira bien l'été prochain, les riverains en tremblent déjà

URBANISME Voté vendredi en conseil municipal, le nouveau Plan local d'urbanisme permet au bar La Centrale de revenir l'été prochain sur les berges de Garonne. Au grand dam des riverains...

Helene Menal

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La centrale, vue depuis l'immeuble d'en face, situé dans la rue de la Digue.
La centrale, vue depuis l'immeuble d'en face, situé dans la rue de la Digue. — Collectif de la Digue-Croix de Pierre

« Merci pour cette belle saison 2016. Et à l’année prochaine ». Voilà le message qu’adresse La Centrale, le fameux bar à tapas de l’Ile du Ramier, à ses milliers de fans sur Facebook.

Une annonce d’autant plus vraie que le nouveau Plan local d’urbanisme (PLU) voté vendredi en conseil municipal contient une disposition qui va assurer la pérennité de l’établissement. Cette dernière autorise la constructibilité de cette parcelle située en zone naturelle.

Lors de la première saison, les propriétaires, faute de permis de construire pour effectuer des travaux dans cette ancienne centrale hydraulique a priori loin de tout, avaient dû se contenter de mobilier en bois sur la terrasse.

Des plaintes et des centaines de signalements

« Cette nouvelle disposition va permettre aux propriétaires de bâtir un niveau refuge avec ascenseur extérieur en prévision d’éventuelles inondations et donc d’accueillir les gens à l’intérieur », assume Annette Laigneau, l’adjointe à l’Urbanisme. Elle ne doute pas que La Centrale « sera là », l’année prochaine.

Et cette certitude sonne comme un glas sur l’autre rive de la Garonne, rue de la Digue et alentours. Avant le mois de juin 2016, les riverains s’endormaient avec le chant des oiseaux. Mais, avec l’ouverture de La Centrale, la musique a changé grâce à la formidable capacité de la Garonne à conduire le bruit.

« Des enfants ont dû dormir par 34°C sans qu’on puisse ouvrir les fenêtres, nos chiens se sont mis à aboyer à tout moment et certains ont mis leur appartement en vente », énumère Danielle Catala, une habitante du onzième étage de la barre d’immeuble de la rue de la Digue. « J’entendais même les conversations personnelles des gens assis en terrasse », confie-t-elle.

« J’entendais même les conversations personnelles des gens assis en terrasse »

Durant l’été, les habitants ont déposé 47 plaintes. Sans compter les « 360 appels » passés à Allô mairie « par 147 personnes différentes », jeunes ou vieux. « Le plus douloureux, c’est d’avoir l’impression d’être des fantômes, on ne prend pas en compte ce qu’on dit », assure Danielle.

Vers une procédure judiciaire ?

Les riverains ont trouvé au moins une oreille attentive. Celle de Christophe Borgel (PS), le député de la circonscription. « Il est impensable d’imposer à nouveau cet enfer aux riverains. L’étape du PLU démontre au minimum que la mairie n’a pas pris en la mesure de ce qu’ils ont vécu », dit-il.

Jean-Luc Moudenc (LR), le maire de Toulouse, assure que « les créneaux horaires pour la musique seront fixés en concertation avec les propriétaires ». « Il faut que les conditions soient remplies pour garantir la tranquillité des riverains », indique-t-il.

Ces derniers doutent qu’on puisse empêcher des fêtards de discuter sur un parking jusqu’à plus soif. Ils se posent la question d’entamer une procédure judiciaire.