Toulouse: La toute première station-service au gaz est ouverte

SOCIETE Pour la première fois à Toulouse, le GNV est en libre-service. Pratique pour les pionniers qui jusqu’ici galéraient un peu à s’approvisionner…

Hélène Ménal

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La première station-service au gaz a ouvert boulevard de la Marquette, à Toulouse.
La première station-service au gaz a ouvert boulevard de la Marquette, à Toulouse. — H. Menal - 20 Minutes

Pas de queue, pas d’odeur. Une station-service d’un nouveau genre fonctionne à Toulouse. A cette « pompe » du boulevard de la Marquette, en bordure du canal du Midi, les conducteurs ne s’approvisionnent pas au litre mais au poids : des kilos de gaz compressé, le fameux Gaz naturel véhicule (GNV), également disponible en version bio.

Et s’il n’y a pas de file d’attente, c’est parce que les véhicules qui roulent au gaz ne sont pas pléthore. Outre les 274 bus au gaz de Tisséo qui ont leurs propres pompes, Charly Enjalbert, ingénieur chez GRDF, estime la flotte concernée « à environ 200 véhicules dans l’agglomération ». Des transporteurs notamment s’y sont mis pour répondre aux exigences environnementales de la Métropole pour les livraisons en ville et parce que, contrairement aux moteurs électriques, la technologie au gaz est transposable sur les semi-remorques.

Moins polluant et moins cher

Si la pompe a fait le bonheur des touristes allemands et italiens cet été, ils ne sont guère que « 30 ou 40 particuliers » à rouler au GNV dans la Ville rose. Dont Alexandre Albert-Aguilar, météorologue de formation et conducteur « sensible à la qualité de l’air ». Il a acheté sa première voiture au gaz en 2006 et n’en a pas démordu depuis.

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« Le prix a augmenté une fois en 10 ans », souligne ce Toulousain. Il paie 1,26 euro le kilo de gaz, « qui équivaut en moyenne en consommation à 1,5 litre d’essence ». Avec son Opel Zafira, Alexandre a « 350 à 400 km » d’autonomie, « bien mieux qu’avec une voiture électrique » qu’il a aussi testée comme second véhicule familial.

Jusqu’à ce que la pompe en libre-service apparaisse, Alexandre pouvait faire le plein à Saint-Girons ou Agen, autrement dit à Trifouilly-Les-Oies. Du coup, il allait à la pompe interne des locaux de GRDF, soumise évidemment aux horaires de bureau.

Ça sent le gaz à Ginestous

Cet adepte inconditionnel du GNV aura bientôt plusieurs autres choix. « Pour lancer le marché », l’accord signé mardi entre GRDF et Toulouse Métropole prévoit l’installation de trois autres stations, dont l’une dès 2017 du côté de la plateforme logistique de Fondeyre.

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Il n’est pas exclu que le biogaz délivré à la pompe soit un jour puisé « intra-muros », dans les eaux usées. Une étude est en cours pour installer une unité de méthanisation à la station d’épuration de Ginestous. Selon les estimations, elle serait capable de fournir l’équivalent de la consommation annuelle des 274 bus Tisséo au GNV.