Tueries de Mohamed Merah: Son frère aîné Abdelkader sera dans le box aux assises

TERRORISME Depuis ce vendredi, il n’a plus de recours. Le frère aîné du « tueur au scooter », Abdelkader Merah, sera jugé pour complicité dans les tueries de Toulouse et Montauban devant la Cour d’assises spéciale de Paris…

H.M. avec AFP

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Abdelkader Merah soupçonné d'être l'un des passagers de la voiture. Le 24 mars 2012
Abdelkader Merah soupçonné d'être l'un des passagers de la voiture. Le 24 mars 2012 — BERNARD BISSON/JDD/SIPA

Il se tiendra en l’absence du principal protagoniste mais il y aura bien un procès Merah. La Cour de cassation vient de confirmer le renvoi d’Abdelkader Merah, l’aîné du « tueur au scooter », devant la cour d’Assises spéciale de Paris.

Il devra répondre de complicité dans les tueries de Toulouse et Montauban. Du 11 au 19 mars 2012, sept personnes, dont trois enfants, sont tombées sous les balles du djihadiste Mohamed Merah.

Abdelkader Merah. L’aîné de Mohamed Merah et avant-dernier de la fratrie est poursuivi pour « complicité de crimes terroristes ». Concrètement, les juges d’instruction ont acquis la conviction qu’il était présent, le 6 mars 2012 dans un garage de Toulouse, lors du vol du fameux scooter qui a servi à la chevauchée sanglante. Il est aussi soupçonné d’avoir eu une influence sur son cadet dans les jours qui ont précédé les attaques.

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Il est considéré comme l’idéologue de la famille. Aujourd’hui âgé de 34 ans, il a été formé à l’islam radical dans une école coranique égyptienne. C’est lui qui a amené Mohamed Merah à Artigat, en Ariège, chez Olivier Corel, surnommé « l’émir blanc ». Jamais condamné pour djihadisme, ce dernier a accueilli chez lui, outre les Merah, nombre d’élèves liés à des attentats, dont Fabien Clain qui a revendiqué au nom de Daesh les attaques terroristes de Paris.

L’accusé a été incarcéré dans la foulée des tueries de son frère. Il a toujours nié être lié aux crimes de son frère mais a continué à entretenir un discours radical en prison.

L’autre complice présumé, Fettah Malki. Il est poursuivi et renvoyé devant les assises pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste délictuelle », une accusation pour laquelle il risque 10 ans. Mais que le parquet général aimerait la requalifier en « association de malfaiteurs criminelle », punie de 20 ans. La Cour de Ccassation n’a pas tranché sur ce point. La justice devra à nouveau statuer sur cet alourdissement des charges

Fettah Malki, petit délinquant, issu lui aussi du quartier des Izards, est un ami d’enfance de Mohamed Merah. Il a reconnu lui avoir fourni un gilet pare-balles et le pistolet-mitrailleur Uzi qu’il a utilisé. Lors de l’audience devant la cour de cassation, l’avocate de Fettah Malki, Hélène Masse-Dessen, l’a décrit comme « le commercial du quartier » qui « vend un peu tout et n’importe quoi ». Elle affirme qu’il ne savait rien des intentions du « tueur au scooter » et qu’il n’est « pas du tout lié à la mouvance djihadiste ».

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Dans l’attente que les recours en cassation des deux hommes soient purgés la Cour d’appel de Paris avait indiqué aux parties civiles que le procès de l’affaire Merah devrait se tenir du 27 février au 31 mars 2017 à Paris. Elle n’a pas encore confirmé officiellement ces dates.