Oublié au Stade Toulousain, déjà indispensable à Colomiers... Thomas Ramos, le prêt payant

RUGBY Prêté cette saison par le Stade Toulousain, qui l’utilisait peu, au voisin Colomiers, Thomas Ramos explose en Pro D2. Le jeune arrière est même le meilleur réalisateur de l’antichambre du Top 14…

Nicolas Stival

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L'arrière columérin Thomas Ramos lors du match de Pro D2 contre Narbonne, le 16 septembre 2016 au stade Michel-Bendichou Colomiers.
L'arrière columérin Thomas Ramos lors du match de Pro D2 contre Narbonne, le 16 septembre 2016 au stade Michel-Bendichou Colomiers. — J.-L. Mével / Colomiers Rugby

Ce vendredi contre Mont-de-Marsan, Thomas Ramos disputera son sixième match de la saison avec Colomiers. En un mois et demi, le très prometteur trois-quarts de 21 ans aura joué autant de rencontres qu’en deux saisons et demie dans le Top 14 avec le Stade Toulousain. Prêté en Pro D2, l’arrière columérin, meilleur buteur de la division avec 82 points, a fait un choix rare mais payant. Peut-être un modèle à suivre pour d’autres jeunes Français barrés dans des clubs d’élite.

Mais pourquoi un prêt ? La pratique reste bien plus marginale au rugby qu’au football. Pourtant, Ramos, sous contrat espoir avec le Stade Toulousain jusqu’en 2018, n’a pas hésité. « Si j’avais su que ça se passerait comme cela, j’aurais même demandé à être prêté plus tôt, lance-t-il. C’est bien de s’entraîner avec un club de Top 14, mais quand tous les week-ends tu joues le championnat Espoirs… Au bout de deux ou trois ans, mieux vaut être prêté, ou signer en Pro D2. »

Finalement, l’ancien international français moins de 20 ans et le Stade sont tombés d’accord sur cette solution, « pour gagner du temps de jeu puis revenir avec un peu plus d’expérience. »

Et pourquoi Colomiers ? « J’ai regardé où il y avait le moins de concurrence, avoue Ramos. Le but, ce n’était pas d’être prêté chez un promu en Top 14 pour faire cinq ou six feuilles de match dans la saison. Je préférais un club de Pro D2 où je pourrais avoir du temps de jeu. » Et justement, l’écurie voisine cherchait ce type de profil. Aujourd’hui, l’ouvreur de formation, au gabarit plutôt ordinaire (1,78 m, 86 kg), s’éclate au poste d’arrière.

« J’aime le rugby proposé à Colomiers. Sans oublier les fondamentaux, l’équipe prend du plaisir. Il y a du mouvement, le ballon circule. » Et les résultats suivent, avec une belle cinquième place après cinq journées. Même si dix kilomètres à peine séparent Toulouse de sa voisine, Ramos a préféré déménager dans sa nouvelle ville. « J’habitais en colocation en face d’Ernest-Wallon et je n’avais pas envie de voir le stade tous les matins »…

Un buteur intraitable. L’arrière a inscrit 82 des 107 points marqués par Colomiers en cinq journées. Soit une moyenne de 16,4 points par match, à 82 % de réussite. Pas la peine d’en rajouter, Ramos est un artilleur hors pair, qui bute depuis ses plus jeunes années à Mazamet, le fief tarnais où son grand-père, son père et son oncle l’ont précédé dans la carrière.

S’il cite parmi ses modèles Dan Carter, Leigh Halfpenny et Jonny Wilkinson, l’arrière columérin n’imite pas leur façon de taper. Ni le côté stakhanoviste de l’ancien ouvreur anglais de Toulon. « Je fais deux séances hebdomadaires de 20-25 minutes chacune, détaille-t-il. Au total, je tape environ 30 coups de pied par semaine, hors match. » Pas si énorme que ça. Pourtant, conseillé par le tout jeune retraité David Skrela, Ramos reste sur trois rencontres à 100 % de réussite.

Des liens pas coupés avec le Stade Toulousain. D’abord il y a les contacts maintenus avec les copains des Espoirs toulousains, comme François Cros ou le complice Arthur Bonneval, autre trois-quarts né en 1995. La révélation de l’été 2015 n’a toujours pas joué en Top 14 cette saison, et ronge son frein. Et puis, il y a les études. Titulaire d’un bac S, Thomas Ramos suit un BTS Immobilier… dans les locaux du Stade Toulousain.

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Sur le plan sportif, l’actuel Columérin a vu quelques matchs du puissant voisin et « pense qu’il se qualifiera pour les phases finales du Top 14 ». Et n’allez pas lui faire remarquer que sa botte précise pourrait faire du bien à une équipe souvent en difficulté dans ce secteur. « Pour avoir côtoyé Sébastien Bézy, Jean-Marc Doussain et Toby Flood pendant deux, trois ans, je sais que ce sont de très bons buteurs. A l’entraînement, Toby était à la limite de me dégoûter car il n’en ratait pas une. »

Un avenir encore flou. Après une parenthèse columérine la plus enchantée possible, Ramos est censé rentrer à Toulouse. « Si je fais une bonne saison et que le Stade me rappelle, je respecterai mon contrat », indique-t-il. Mais le jeune joueur regardera avec attention l’éventuel recrutement du club chez les trois-quarts, histoire de ne pas rentrer au bercail pour retrouver le charme incertain du championnat Espoirs.

« Pour l’instant, je ne réfléchis pas à cela », promet l’arrière de Colomiers, un club qui aimerait bien s’inviter aux demi-finales de Pro D2, comme la saison dernière.