Ludique, stratégique, pratique… Le Mölkky fait un carton, et ce n’est qu’un début

LOISIRS Le Mölkky, jeu de quilles né en Finlande, connaît un succès grandissant en France. Une association toulousaine organise dimanche son deuxième tournoi…

Nicolas Stival

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Illustration d'une jeune femme jouant au Mölkky, un jeu de quilles finlandais.
Illustration d'une jeune femme jouant au Mölkky, un jeu de quilles finlandais. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

En 1996, une entreprise finlandaise spécialisée dans la réinsertion par le travail créait le Mölkky. Vingt ans plus tard et 3.000 km plus au sud, l’association Mölkky Toulouse Club (MTC) et sa vingtaine d’adhérents se préparent à organiser, dimanche, leur deuxième tournoi au boulodrome Carbonne, qui jouxte le cimetière de Terre-Cabade.

En 20 ans, ce jeu de quilles en bois a connu une croissance impressionnante, notamment en France, le pays des champions du monde, où une cinquantaine de clubs cohabitent au sein d'une Fédération (FFMö). « Cela évolue à une vitesse phénoménale, mais le potentiel du Mölkky est énorme, assure Aurélien Fraysse (28 ans), le responsable communication du MTC, né en 2013. Ce jeu va se développer encore longtemps. »

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Voici pourquoi ce loisir, qui s’était d’abord implanté dans l’ouest du pays, touche de plus en plus de monde…

Un jeu d’adresse, mais aussi de stratégie

Le Mölkky, c’est le nom du jeu, mais aussi celui du lanceur que l’on expédie sur les quilles, au nombre de douze. Il faut soit renverser une seule quille, auquel cas on marque le nombre de points inscrits dessus, soit en décaniller plusieurs et on ajoute alors autant de points qu’il y a de quilles par terre. Le premier arrivé à 50 points a gagné. S’il dépasse ce total, il retombe à 25 points…

« Parfois, on est obligé de jouer une seule quille, et l’équipe adversaire fait tout pour t’en empêcher en se mettant en défense », détaille Stanislas Escaut (33 ans), président du MTC au côté de sa femme Christelle. Quel plaisir de mettre en échec son opposant, en dégageant au loin la quille qu’il convoite… « C’est addictif, ajoute Aurélien Fraysse. On a toujours envie de rejouer, pour se rattraper d’une défaite, pour gagner encore ou pour améliorer ses coups. »

Plus pratique (et ludique ?) que la pétanque

Le tournoi de Toulouse réunira 36 équipes de deux personnes. Mais le reste du temps, « on peut jouer à dix avec un seul jeu, ou faire trois équipes de trois », apprécie Aurélien Fraysse. Forcément, c’est plus pratique (et économique) que la pétanque, où chaque joueur doit se balader avec sa sacoche et ses boules. « Le Mölkky, c’est la pétanque intelligente », assène un sociétaire du MTC… qui est aussi bouliste.

On peut y jouer dehors ou dedans, dans l’herbe ou sur le sable… Evitez cependant le goudron. Ce revêtement abrasif n’est pas l’ami du joli bois de bouleau de Finlande avec lequel les quilles sont fabriquées. Un jeu de Mölkky (officiel) coûte une trentaine d’euros.

Du succès dans les cours d’école comme dans les maisons de retraite

« On peut jouer au Mölkky de cinq à 107 ans, s’enthousiasme Stanislas Escaut. A l’école de ma petite nièce de six ans, on s’en sert pour apprendre aux enfants à calculer. » « Certaines maisons de retraite l'utilisent pour faire travailler la mémoire et la motricité de leurs résidents », ajoute Aurélien Fraysse. Le MTC réunit toutes les générations, avec deux entraînements par semaine.

« En compétition, il s’agit surtout de joueurs trentenaires, précise toutefois le responsable communication de l’association. Ce sont des gens pas forcément accros à la pétanque et qui ont besoin d’autre chose. Il y a aussi beaucoup plus de femmes qu’à la pétanque. » Si le Mölkky peut faire de l’ombre à la vénérable discipline au cochonnet, il n’y a pas incompatibilité entre les deux loisirs. D’ailleurs, le MTC partage ses locaux en bonne intelligence avec des boulistes, ainsi qu’avec un apiculteur et une association qui vient en aide aux chats du quartier.

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